Succès pour la 2ème table ronde sur les inondations et la biodiversité

90 personnes sont venues échanger vendredi 09 novembre dans la salle prestigieuse de la grande galerie de l’évolution au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris sur l’invitation de ERN France. Une grande diversité d’acteurs institutionnels, associatifs, chercheurs, gestionnaires, … pour tenter de mieux cerner les interactions nombreuses entre les inondations et la biodiversité. Un sujet complexe qui reste encore trop peu traité et sur lequel le dialogue a été riche et passionné.

Une nouvelle fois cette table ronde montre l’importance du rôle de la société civile, sa capacité à créer du lien, de faire se croiser les connaissances et les pratiques, à confronter les approches par le dialogue.

Organisé avec le soutien du Ministère de la Transition écologique et solidaire.

Les présentations de intervenants sont disponible à  infos @ ern.org

Ouverture de la table ronde – 09/11/2018 ©ERN France

France : Crues de janvier et février 2018 : une sérieuse piqûre de rappel après 2016 !

La France vient de traverser cet hiver un nouvel épisode de crues. A la mi-février, de nombreuses personnes avaient encore leurs maisons soit inondées, soit inhabitables avec dans de nombreux endroits une décrue très lente avec en plus par endroit des chutes de neige et un froid très vif.

Mais que s’est-il passé exactement en janvier et début février 2018 ? Hormis sur le pourtour méditerranéen, la Corse, la Bretagne et les Pays de la Loire, les mois de décembre et janvier 2018 ont été exceptionnellement pluvieux sur la majeure partie du pays. Les records de pluviométrie de 1981/1982 et 1993/1994 sur la même période ont parfois été battus, dans l’Est de la France notamment.

Avec une pluviométrie exceptionnelle et des sols saturés d’eau, pas étonnant que de nombreux cours d’eau aient débordés. Le 24 janvier, le pic de la crue du Doubs et de la Loue étaient atteints à Besançon. Cette onde de crue qui a touché l’ensemble du bassin du Doubs aura des répercussions sur l’aval, sur la Saône notamment, jusqu’à la fin du mois de janvier. Le 25 janvier, 23 départements étaient en vigilance orange inondation avec des crues importantes effectives ou annoncées sur les bassins de la Seine, du Rhône, de la Saône et de leurs affluents.

A la même période, en Ile-de-France, une importante et durable crue de la Marne avait initialement inondé plusieurs communes et nécessité des évacuations. D’autres cours d’eau ont ensuite à leur tour débordé en Ile de France, comme par exemple l’Yerres dans l’Essonne, ce qui a affecté durement certaines communes comme Villeneuve-Saint-Georges dans le Val de Marne.

Le pic de la crue de la Seine a été atteint à Paris le lundi 29 janvier avec 5,86 m au Pont d’Austerlitz, soit une hauteur légèrement en deçà de juin 2016. L’onde de crue de la Seine s’est ensuite propagée à la Normandie, les inondations étant accentuées par l’influence des marées venant aggraver la montée des eaux.

Autre facteur qui est venu compliquer la situation, les quatre lacs réservoirs situés aux amonts de la Seine, de l’Aube, de la Marne et de l’Yonne (ouvrages gérés par l’EPTB Seine-Grands-Lacs), étaient, à la fin de la crue francilienne, presque tous pleins, certains ayant même fortement entamé leur capacité de réserve. Si la décrue ne s’était pas amorcée, ils auraient été incapables de retenir davantage d’eau et permettre d’écrêter les crues.

Même s’il est quelque peu prématuré de vouloir dresser un bilan de ces épisodes de crues ayant affecté près de 25 départements sur différents bassins, le samedi 3 février, le ministère de l’intérieur estimait déjà à 17 000 le nombre de personnes touchées directement par les inondations. Et pourtant, il ne s’est agi que d’une crue « moyenne », inférieure dans bien des endroits à celles de 2016 et pour Paris, sans comparaison possible avec la crue centenale de 1910.

Et juste avant la venue du Président de la République à Villeneuve-Saint-Georges (Val de Marne) le mercredi 14 février, la commission de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle s’est réunie en procédure accélérée, sous l’égide du ministère de l’Intérieur et ce sont quelque 275 communes qui vont être reconnues en état de catastrophe naturelle à la suite des crues.

Que doit-on conclure de cet événement récent qui a mis les nerfs de dizaines de milliers de personnes à rude épreuve ? Après les épisodes des crues du printemps 2016, ces nouvelles inondations constituent en quelque sorte une seconde sévère piqûre de rappel, montrant notre vulnérabilité collective et notre difficulté à vivre AVEC les fleuves, à proximité de rivières, qui, du fait d’un contexte météorologique particulier, peuvent devenir des menaces. Cela apporte aussi, une fois de plus, la preuve de nombreuses erreurs commises par le passé, en commençant par des permissions de construire habitations ou entreprises dans des zones que l’on savait être inondables, y compris justement en cas de crues moyennes.

Surtout, ces nouvelles crues – conséquentes par ses effets mais pas exceptionnelles non plus par leur ampleur – posent la question des solutions à mettre en œuvre pour se prémunir contre le risque inondation. Outre la nécessité impérative de ne plus construire en zones inondables, cela met à nouveau à l’ordre du jour certaines « solutions » possibles : les ZEC (zones d’expansion de crues) et opérations de restauration des lits de cours d’eau ou la reconnexion du fleuve avec ses zones humides annexes, véritables « zones tampons » régulatrices, pour permettre en cas de montée des eaux, de ralentir et « écrêter » naturellement les crues tout en favorisant le maintien de zones humides, bénéfiques sur plusieurs plans.

L’idée de rendre leur liberté aux fleuves fait son chemin dans les esprits et de plus en plus de gestionnaires publics envisagent ces « solutions fondées sur la nature » comme de nécessaires mesures complémentaires aux ouvrages « en dur » et systèmes d’endiguement existants qui montrent année après année leurs limites. Et sous la fréquence accrue de phénomène météorologiques de plus en plus intenses et destructeurs, les mentalités semblent évoluer pour de bon. La preuve : le 14 février, Emmanuel Macron s’est rendu à Villeneuve Saint-Georges où il a notamment échangé, dans le quartier Blandin, avec les acteurs du projet de « renaturation de l’Yerres ». Cela semble une reconnaissance implicite que les alternatives naturelles sont entendues au plus haut sommet de l’Etat.

> Pour aller plus loin :

Photos : ERN

 

1ère table-ronde ERN sur le risque inondation : créer des synergies entre acteurs

Notre objectif dans ces matinées d’échanges est avant tout de faire du lien et faire dialoguer des acteurs de tous niveaux œuvrant, trop souvent chacun de leur côté, sur l’enjeu majeur du risque inondation. Pour cette 1ère table ronde ERN à Paris le 8 décembre, près de 60 participants de tous horizons (institutions nationales, associations, collectivités locales, assureurs, chercheurs, citoyens…) étaient présents !

Le thème central des « solutions fondées sur la nature » a donc été rassembleur. Il a été abordé dans 7 présentations très synthétiques de haut niveau (un doc bilan de la rencontre sera publié), tout comme les autres approches visant à réduire les vulnérabilités face aux crues. Un long temps d’échange avec la salle a bien montré l’enjeu du dialogue pour optimiser la gestion du risque d’inondation, la préservation des rivières, des espaces naturels et zones humides ainsi que la protection des populations contre le risque inondation.

Pour rappel : les intervenants de la table ronde animée par Roberto EPPLE, de ERN France étaient T. HUBERT (Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, P. GOUJARD (EPTB Seine Grands Lacs), P. TEILLAC-DESCHAMPS (UICN France), S. FEUILLETTE (Agence de l’Eau Seine Normandie), L. BOISSIER (Generali France), M. REMOND (France Nature Environnement IDF) et J. ROZANSKI (SIAHVY). Merci à toutes et tous.

© ERN

ERN invite à la table ronde « De nouvelles solutions pour prévenir le risque inondation !? », 8 décembre à Paris

European Rivers Network France, dans le cadre du groupe de travail Milieux Naturels et Inondations de la Commission Mixte Inondation, a le plaisir de vous inviter à la table-ronde :

« De nouvelles solutions pour prévenir le risque inondation !? »

Cette rencontre sera l’occasion de débattre des récents engagements internationaux et déclarations concernant les SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE et autres approches contribuant à réduire les vulnérabilités, le risque inondation et à atténuer les effets du changement climatique.

Vendredi 8 déc. 2017
10h30 à 12h30 à Paris

au BEEOTOP 14, boulevard de Douaumont
75017 Paris (Métro/RER.C Porte de Clichy).
(Accueil à partir de 10h).

lire le programme et l’invitation

inscription obligatoire : http://bit.ly/2A5zzTa
Contact: Alexis PASQUET-VENZAC – – 07 81 05 73 79 –  @: alexis.pasquet@ern.org

 

 

Sensibiliser le public au risque inondation en Ile-de-France : publication d’une plaquette sur la crue de juin 2016

Les habitants d’Ile-de-France se sont désaccoutumés aux crues. Les ouvrages existants, les lacs réservoirs gérés par l’EPTB Seine Grand Lacs, de meilleures prévisions, tous ces outils ont permis « d’écrêter » les crues moyenne de la Seine et de les rendre indolores pour la population. Mais en juin 2016, la conjonction de différents facteurs a rappelé qu’une crue destructrice en Ile-de-France et en Seine amont n’était pas qu’une hypothèse et que la région et ses alentours restaient vulnérable.

Peut-on tirer des leçons de la crue de juin 2016 pour éveiller les consciences à ce risque réel avec lequel il va falloir vivre ? Peut-on éviter le déni et l’oubli de ces épisodes de crues en maintenant collectivement un état de vigilance ? Comment accroître cette « culture du risque » dans la population d’Ile-de France et l’amener progressivement à « vivre avec le fleuve » plutôt que de nier sa présence ou vouloir combattre la Seine uniquement par des ouvrages hydrauliques et de l’endiguement ?

C’est la vocation de la plaquette publiée par European Rivers Network France, en partenariat avec EPTB Seine Grand Lacs, dans le cadre du PAPI de la Seine et de la Marne franciliennes, de nous rappeler collectivement le risque inondation en région parisienne et en Seine amont en esquissant les pistes qui permettront de co-construire cette culture du risque afin de vivre avec les crues… et avec la Seine.

Télécharger la plaquette :

ERN recrute un.e chargé.e de mission « Culture du fleuve » et un.e volontaire en service civique

ERN recherche

  • un.e chargé.e de mission « Culture du fleuve » sur le bassin de la Seine, basé.e en région parisienne. A pourvoir dès juillet 2017 . Voir l’offre
  • un.e volontaire en service civique pour une mission d’éducation à l’environnement basé.e au Puy-en-Velay
    Voir l’offre

Hommage à notre collègue et ami Georges Emblanc

Amis des rivières vivantes et sauvages,

C’est encore sous le choc et dans l’émotion que nous vous faisons part du décès brutal de notre collègue et amis Georges Emblanc, le samedi 11 mars, des suites d’une hémorragie cérébrale. Une belle et émouvante cérémonie d’au revoir a eu lieu lundi 20 mars à Yerres (91)

Cette nouvelle attriste bien sûr toute sa famille ainsi que toutes celles et ceux qui le connaissaient, mais également l’ensemble de la communauté qui œuvre pour des rivières et des écosystèmes vivants. Sa mémoire a été honorée dans plusieurs instances nationales comme le Comité National de l’Eau et les hommages se multiplient un peu partout là où il siégeait pour défendre la cause de la nature et d’un développement respectueux et équilibré.

Georges était apprécié et reconnu tout particulièrement pour son engagement, ses compétences, son humanité, ses connaissances incroyables dans tous les domaines, sa capacité de dialogue mais aussi pour sa simple joie de vivre ! Avec facétie, il aimait citer Maître Oogway dans le dessin animé Kung Fu Panda « Hier est derrière. Demain est un mystère. Aujourd’hui est un cadeau c’est pour cela qu’on l’appelle le présent ! ». Oui, Georges aimait la vie et profitait de chaque instant, en conscience et surtout dans le partage.

Georges n’avait que 60 ans. Il était salarié de ERN France-SOS Loire Vivante depuis mai 2016 et travaillait, comme vous le savez, sur les inondations et l’acceptation des crues, sur la culture du fleuve sur le bassin de la Seine. Mais nous le connaissions de longue date. Il a été notamment cofondateur et administrateur du Fonds pour la Conservation des Rivières Sauvages depuis 2007, à titre bénévole. Certains de notre équipe le connaissaient même depuis plus de 15 ans, ayant travaillé avec lui au WWF France pour lequel il était consultant !

Son engagement bénévole était remarquable et tout azimut : régularisation des sans-papiers, Société Protectrice des Animaux, éducation à l’environnement… Georges avait un grand cœur, une grande âme !

Avec son départ brutal, on perd un collègue, on perd un ami. Les rivières perdent un défenseur. Mais sa force de travail, sa générosité et son militantisme restent exemplaires pour chacune et chacun d’entre nous.

Nous nous associons tout particulièrement à sa famille et ses proches dans cette épreuve si difficile.

Toute l’équipe bénévole, les administrateurs et les salariés  de SOS Loire Vivante- ERN France

Le Conseil d’Administration, le Conseil Scientifique et toute l’équipe du programme Rivières Sauvages

Un pommier a été planté par l’équipe ERN-SOS Loire Vivante, dans la Haute Vallée de la Loire, en hommage à Georges. © ERN France – SOS Loire Vivante

Seine amont : La révision du PAPi voté. ERN partenaire pour la « sensibilisation »

PPhoto inondation Paris "Zoave"

Inondation Paris 2016

Bassin de la Seine Amont : le jeudi 15 décembre 2016, la Commission Mixte Inondation (CMI) a validé en séance plénière, la révision à mi-parcours du Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) de la Seine et de la Marne franciliennes, présentée par l’EPTB Seine Grands Lacs dont ERN est partenaire sur le volet sensibilisation. Ce PAPI passe de 68 actions programmées à 166 actions ; d’un montant programmé de 33 millions d’euros à 86 millions ; de 5 maitres d’œuvre historiques (Paris et la petite couronne) à 20 en incluant les départements de l’Essonne et de la Seine et Marne (en grande couronne). Sur les Yvelines, l’EPTB Seine Grands Lacs coordonnera ses actions avec la SMSO (Syndicat mixte Seine Oise).

plus d’information sur le Papi Seine amont