Société civile et fournisseurs d’eau exhortent la Commission Européenne de ne pas affaiblir ni supprimer les règles fondamentales en matière de protection de l’eau

Un collectif d’associations, représentant les trois piliers de la Stratégie européenne pour la résilience de l’eau, a publié le 18 février une lettre ouverte pour s’opposer à la révision de la Directive-cadre sur l’eau (DCE), annoncée par la Commission européenne pour le deuxième trimestre 2026.

Les signataires, dont des ONG environnementales et des acteurs du secteur de l’eau, dénoncent un risque d’affaiblissement du texte, alors que son application reste incomplète dans de nombreux États membres. « Plutôt que de réviser la DCE, il faut accélérer sa mise en œuvre », soulignant son rôle crucial pour la protection des écosystèmes, la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique.

La lettre met en garde contre une révision prématurée, qui pourrait être motivée par des pressions industrielles, notamment pour faciliter l’extraction de matières premières. Les associations appellent la Commission à maintenir un cadre juridique stable et à prioriser l’application des règles existantes.

traduction d’extrait :

« Nous vous écrivons au nom d’associations représentant les trois piliers de la Stratégie européenne pour la résilience de l’eau, pour exprimer nos vives préoccupations concernant l’annonce, dans la communication sur le plan d’action RESourceEU, d’une révision de la Directive-cadre sur l’eau (DCE) au deuxième trimestre 2026. Nous exhortons la Commission à s’abstenir de rouvrir ou de modifier la DCE, ce qui risquerait de l’affaiblir, alors que l’accent devrait être mis sur l’accélération de sa mise en œuvre et de son application, comme indiqué dans la Stratégie pour la résilience de l’eau. »

« La résilience de l’eau est un pilier central de l’adaptation climatique et une condition préalable aux transitions écologique, numérique et économique de l’Europe, ainsi qu’à la sécurité alimentaire et à la réalisation du droit humain à l’eau et à l’assainissement. Nos organisations soutiennent la Stratégie européenne pour la résilience de l’eau, mais celle-ci ne peut être atteinte sans des objectifs juridiques solides. La stabilité légale est cruciale pour stimuler les efforts et les investissements nécessaires. »

Nous reconnaissons la nécessité pour l’UE d’accroître son autonomie en matières premières critiques, mais il est inacceptable de rouvrir la directive sans évaluer l’impact des changements proposés sur l’environnement, la santé des populations et d’autres secteurs, ni prouver que le cadre législatif actuel constitue un obstacle majeur aux nouveaux projets miniers. »

« La DCE, lorsqu’elle est correctement appliquée, aide à équilibrer les besoins concurrentiels en eau et à protéger la nature, réduisant la pollution et garantissant un bon état écologique et chimique des masses d’eau. Limiter la pollution des écosystèmes aquatiques et protéger les rivières, zones humides, glaciers, eaux côtières et lacs est essentiel pour la résilience future de l’eau en Europe. »

« Une société intelligente face à l’eau nécessite une cohérence réglementaire et une certitude juridique, permettant aux acteurs économiques d’évaluer les risques, de planifier les investissements et d’innover en toute confiance. Avec des pertes économiques annuelles liées aux extrêmes climatiques 2,5 fois plus élevées en 2020-2023 qu’au cours de la décennie précédente, l’urgence d’agir grandit. »

« Nous appelons respectueusement la Commission à :

  • Ne pas rouvrir, modifier ou affaiblir la DCE ;
  • Prioriser la mise en œuvre complète et en temps voulu de l’acquis communautaire existant ;
  • Garantir un environnement réglementaire clair, stable et prévisible. »

Les lois européennes qui protègent notre environnement sont menacées. Signez la pétition

Notre nature et notre santé sont attaquées. Les lois européennes qui garantissaient la salubrité de l’eau, la pureté de l’air et la diversité des écosystèmes, dont la Directive Cadre Eau, sont discrètement démantelées, sous le prétexte de « simplification » et de « réduction des formalités administratives ».

Plus d’infos sur la pétition lancée par la coalition d’ONG européenne #HandsOffNature qui exige de nos dirigeants nationaux et européens qu’ils défendent les lois qui protègent les personnes et la nature.

Ensemble, protégeons la loi européenne sur l’eau !

Texte de la pétition :

 

Y-a-t-il encore des rivières pour les poissons migrateurs? Biodiversité ou hydroélectricité ?

Participez à notre prochain webinaire:

  • 16 décembre de 16h à 18h: Axe Vienne Creuse Gartempe – Hydroélectricité ou Refuge pour les poissons migrateurs ?

inscription pour recevoir le lien de connexion zoom

L’axe Vienne Creuse  Gartempe a été identifiée comme axe à enjeux forts pour les poissons migrateurs dans le contexte de changement climatique.

Cela avait bien commencé dans les années 90 par le démantèlement du barrage de Maisons-Rouges sur la Vienne. Depuis la relance de l’hydroélectricité, fortement subventionnée dans le cadre de la transition énergétique,  les projets d’équipement de seuils par des microcentrales hydroélectriques se multiplient et perpétuent la fragmentation de la Creuse et d’autres axes stratégiques. On parle même de reconstruire le barrage de Descartes et de l’équiper avec des turbines. Biodiversité ou énergie renouvelable ?  Deux politiques publiques s’affrontent. A ce jour, de toute évidence, c’est l’énergie qui semble l’emporter sur la biodiversité.

Programme : 1h de présentations, 1h table ronde, poser vos questions 

animé par ERN-SOS Loire Vivante (Roberto Epple, Président, Corinne Ronot, Co-directrice)

Intervenants

  • Bruno Bordeau, Président LOGRAMI : L’axe Vienne-Creuse-Gartempe, un refuge pour les poissons migrateurs ?
  • André Berne, Avocat du barreau de Paris : Le droit français au secours de la biodiversité ou de la production d’énergie renouvelable ?

Table ronde / Questions – réponses

en plus des intervenants participent :

  • Gilles Deguet, représentant FNE au comité de bassin Loire Bretagne
  • Bruno Barbey, Directeur FDAAPPMA 36
  • Joël Herbach, Président Allier Sauvage
  • Lionel Martin, Président de la Fédération de Pêche de la Haute Loire
  • un représentant du secteur de la production hydroélectrique (sous réserve)

 

Dam Removal Day : célébrer les rivières libres et vivantes: 2 nouveaux factsheets pour comprendre les effacements de barrages et seuils

« À l’occasion du Dam Removal Day, le 8 octobre 2025, les ONG en France et en Europe réaffirment leur engagement pour la restauration des cours d’eau et la suppression des obstacles artificiels obsolètes. Plus de 1, 2 millions d’ouvrages bloquent la libre circulation des rivières Européenne et affaiblissent la biodiversité et la résilience des écosystèmes aquatiques. On estime à plus de 200 000 le nombre de ces ouvrages sans usages, abandonnés ou obsolètes. Témoins d’usages passés, la plupart sont de petits ouvrages de moins de 3 mètres de hauteur, des vannes, des seuils ou encore des passages busés. Leur impact cumulé sur la biodiversité et le fonctionnement des cours d’eau est important. Ces obstacles cloisonnent des espèces vulnérables d’eau fraiche déjà fragilisés par les effets du changement climatique, impactent des migrations piscicoles, favorise le dépôt de sédiments fins qui colmatent le fond du lit en amont des ouvrages, etc. »

(lire le communiqué de presse en entier)

Pour réaffirmer les avantages de l’effacements d’ouvrages impactant et obsolètes ERN publie 2 factsheets sur des retours d’expériences d’effacements en France :

Effacements de grands barrages sur la Sélune, 4 pages, ERN :

Pendant plus d’un siècle, les barrages de Vezins et de La Roche-qui-Boit ont interrompu le cours naturel de la rivière. Leur suppression a permis à la Sélune de retrouver son lit originel et sa dynamique naturelle. Fruit de longues années de débats et d’études scientifiques, ce projet a restauré la continuité écologique et amélioré la qualité de l’eau sur l’ensemble du bassin versant. Soutenu par de nombreuses organisations, il fait l’objet d’un suivi scientifique jusqu’en 2027.

Les premiers résultats sont déjà très prometteurs. Le saumon atlantique, l’anguille européenne et la lamproie marine sont de retour, le transport naturel des sédiments reprend et la biodiversité s’enrichit.

Effacement du seuil du Pont de Rhodes, 4 pages, ERN :

Ce document synthétise les grandes étapes et les enjeux du chantier d’effacement du seuil du Pont de Rhodes qui a permis de reconnecter près de 29 km de rivières à écoulement libre, au bénéfice de la biodiversité locale et de la qualité des milieux aquatiques.

A voir aussi nos vidéos et retours d’expériences sur notre chaine Youtube : Rivières vivantes, laisser couler 

logo Living Rivers Europe

Recommandations de Living Rivers Europe pour favoriser la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau

Plusieurs lobbies dont celui de l’agriculture, des mines, des affaires, voire certains États membres, tentent activement d’affaiblir la législation européenne sur l’eau. Ils affirment que ces lois sont trop coûteuses, entravent l’activité économique et compliquent les procédures d’autorisation.

Ces affirmations sont infondées et mettent en péril la directive-cadre sur l’eau (DCE).

Nous exhortons la commissaire Jessika Roswall à préserver l’acquis communautaire en matière d’eau et à rejeter TOUTE tentative d’inclure la DCE dans le prochain paquet Omnibus de simplification !

La sécurité hydrique de l’Europe dépend d’un cycle hydrologique fragile, déjà déstabilisé par la pollution, l’utilisation des sols, le pompage excessif et le changement climatique.

Protéger l’eau signifie garantir l’accès à une eau potable sûre, à des rivières saines et à une production alimentaire saine.

Il est essentiel de disposer d’une législation forte en matière d’eau. L’affaiblir n’est tout simplement PAS une option.

Lire la lettre en anglais

Hommage à Jean Wencker

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Jean Wencker, survenu en août 2025.

Jean Wencker a consacré une grande partie de sa vie à la défense de l’environnement et à la restauration des milieux aquatiques. Ancien président puis vice-président d’Alsace Nature, il a représenté l’association auprès de nombreuses instances : la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR), le comité de bassin Rhin-Meuse, l’association Saumon-Rhin, ainsi que la coalition d’ONG Salmoncomeback, engagée pour le retour du saumon à Bâle.

Au cours de ses différents mandats, il a défendu sans relâche la continuité écologique des cours d’eau, la protection du Doubs et du Rhin, et le retour des poissons migrateurs, en particulier le saumon. Il avait grandi au bord du Rhin et cela avait marqué son engagement. En 2015, lors d’un colloque à Huningue, il avait partagé avec émotion le souvenir de son père rapportant des saumons à la maison et évoqué la dévastation des forêts alluviales pour les chantiers de barrages de Strasbourg, Gerstheim, une catastrophe écologique majeure. Parmi ses succès, il faut citer la rénovation de la centrale hydraulique franco-suisse du Châtelot, sur le Doubs, inaugurée en 2006 après plus de trente ans de lutte.

ERN et la coalition Salmoncomeback rend hommage à son parcours, ses combats. Qu’ils continuent d’inspirer toutes celles et ceux qui œuvrent pour la sauvegarde du vivant. Nos pensées vont à sa famille, à ses proches.

 

Lire aussi l’hommage de Alsace Nature.

Jean Wencker lors du colloque international Salmon Summit à Huningue en 2015 – CR .ERN

Encore une centrale hydroélectrique autorisée sur une Rivière à fort enjeu écologique

Le 14 mai 2025, la cour administrative d’appel de Lyon a validé la construction d’une centrale hydroélectrique sur la rivière Sallanche, affluent de l’Arve (en Haute Savoie). FNE avait attaqué en 2019 l’arrêté préfectoral d’autorisation environnementale, le projet menaçant cette rivière classée réservoir biologique et dérivant plus de la moitié de l’eau passant dans la Sallanche. Ce jugement fait suite à une première décision du tribunal administratif de Grenoble, rendue le 6 décembre 2022, qui avait initialement annulé l’autorisation de ce projet en raison justement des risques qu’il présentait pour l’écosystème.

FNE AURA (France Nature Environnement AUvergne-Rhône-Alpes), constate que cette décision entraîne une nouvelle artificialisation des cours d’eau, un phénomène qui est à l’origine des difficultés à atteindre leur bon état écologique des rivières. En effet, plus de la moitié des rivières du bassin Rhône-Méditerranée sont dans un état non satisfaisant et de nombreuses rivières déjà modifiées par des aménagements artificiels peinent à maintenir une biodiversité équilibrée.

Sur le plan juridique, la cour administrative d’appel a adopté une interprétation différente de la législation en vigueur, en particulier de l’article R214-109 du Code de l’environnement. Contrairement au tribunal administratif de Grenoble, elle n’a pas jugé que la dérivation prévue affecterait de manière significative l’hydrologie de la rivière, alors même que cette dernière est classée en réservoir biologique.

La cour a donc annulé le jugement du tribunal administratif de Grenoble et validé l’arrêté préfectoral du 26 décembre 2019 autorisant le projet. FNE a été condamnée à verser 2 000 euros à la RGE au titre des frais de justice. Le projet, porté par la RGE (Régie de Gaz et d’Electricité), représente un investissement de 6 millions d’euros.

Ce jugement reflète une incertitude juridique persistante, notamment après une tentative législative en 2019 visant à simplifier l’interprétation des règles relatives à la protection des réservoirs biologiques. Toutefois, le Conseil d’État a annulé cette modification et privilégie une approche au cas par cas, ce qui entraîne des risques de décisions contradictoires et accroît l’insécurité juridique pour la protection de la biodiversité.

Pour en savoir plus :

Cour administrative d’appel de Lyon :
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/jurisprudence/57.pdf

FNE :
https://www.fne-aura.org/communiques/region/centrale-hydroelectrique-de-sallanches-un-pas-de-plus-vers-la-degradation-de-nos-cours-deau/

Disparition de Philippe Auclerc et Laurent Roy : hommage

En ce début mars 2025, nous avons appris avec tristesse la disparition brutale de deux hommes passionnés et engagés pour les rivières : Philippe Auclerc, Rédacteur en chef pendant 25 ans de « La Loire et ses Terroirs » et de la lettre « Les Nouvelles du bassin de la Loire » et Laurent Roy, ancien Directeur de l’Eau et de la Biodiversité au Ministère de 2013 à 2015 et ancien Directeur de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse jusqu’en 2023. Notre association a eu la chance de travailler avec eux, ils ont souvent partagé les visions de notre association et leurs compétences ont fait avancer la cause des rivières.

Philippe Auclerc était un fin connaisseur du territoire ligérien et de ses acteurs. Son engagement pour la préservation de la Loire et de ses affluents était profond et sa plume était sincère et souvent aiguisés sur la description du jeu d’acteur et le sens de la gestion de l’Eau du bassin. Son travail a plusieurs fois croisé les actions de l’association SOS Loire Vivante, il est venu nous voir dès les débuts de notre combat dans les années 1990 et a encore récemment été le modérateur de notre dernier colloque « Des Saumons et des Hommes » à Brioude en 2023, un sujet qui l’animait fortement. À travers ses écrits, il a su sensibiliser un large public aux enjeux environnementaux et patrimoniaux de ce fleuve. La disparition de Philippe marque la fin d’une époque pour les passionnés de la Loire, c’était le seul encore aujourd’hui à informer de la vie du fleuve, avec un sens critique, de la source à l’estuaire. Nous espérons que son projet de relier les ligériens perdurent. Nos pensées vont à sa famille et ses proches.

Laurent Roy a également joué un rôle important en faveur des politiques de gestion de l’eau et de préservation de la biodiversité en France tout au long de sa carrière. Avec European Rivers Network nous avons pu le rencontrer plusieurs fois lorsqu’il était au Ministère et à l’Agence de l’Eau, notamment au sujet du rétablissement de la continuité écologique sur le Rhin ou en lien avec le projet du label « Sites Rivières Sauvages ». Homme de conviction, sa capacité à dialoguer et échanger de manière constructive en faisait une personnalité respectée dans le milieu. Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille.

L’UICN recommande l’arrêt des prélèvements d’eau sur la rivière Shushica en Albanie et l’utilisation d’alternatives

L’UICN a publié un rapport d’évaluation sur le projet controversé de captage d’eau de la rivière Shushica, un affluent de la rivière Vjosa dans le parc national albanais de la Vjosa (VWRNP). Avec ce projet, le gouvernement albanais vise à détourner l’eau vers la côte méditerranéenne pour soutenir le tourisme à grande échelle. Le rapport, élaboré par de grands experts internationaux et albanais, conclut que le projet proposé aurait un impact grave sur la biodiversité du parc national et ne respecterait pas les normes de l’UICN relatives aux parcs nationaux. Il recommande d’éviter complètement le projet et d’utiliser d’autres ressources en eau à la place. « L’évitement est obligatoire pour parvenir à une perte nette nulle de la biodiversité et éviter des impacts négatifs significatifs sur l’intégrité du PNRVW et ses objectifs », indique le rapport (UICN, 2025, p. 59).

EcoAlbania, Riverwatch et EuroNatur se félicitent des résultats du rapport et invitent le gouvernement albanais à agir de manière décisive sur la base des conclusions du rapport et à protéger le PNRV en donnant la priorité au scénario d’évitement. Ce scénario interdit le prélèvement d’eau dans la rivière Shushica et recommande d’autres sources d’eau à l’extérieur du parc, garantissant ainsi le respect des objectifs du parc national.

Lire le communiqué de presse  :

Joint press release by EcoAlbania, Riverwatch and EuroNatur

 

Tirana, January 29, 2025  –  This Monday, the International Union for Conservation of Nature (IUCN) released an assessment report about the controversial water abstraction project from the Shushica River, a vital tributary of the Vjosa River within Albania’s Vjosa Wild River National Park (VWRNP). With the project, the Albanian government aims to divert water to the Mediterranean coast to support large-scale tourism. The report, developed by leading international and Albanian experts, concluded that the proposed project would have a severe impact on the national park’s biodiversity and fail to comply with IUCN national park standards. It recommends avoiding the project altogether and using alternative water resources instead. “Avoidance is mandatory to achieve No Net-Loss of biodiversity and avoid significant adverse impacts on the integrity of the VWRNP and its objectives.” so the report states (IUCN, 2025, p. 59).

 

EcoAlbania, Riverwatch and EuroNatur welcome the results of the report and urge the Albanian government to act decisively on the report’s findings and protect the VWRNP by prioritizing the Avoidance Scenario. This scenario prohibits water abstraction from the Shushica River and recommends alternative water sources outside the park, ensuring that the national park’s objectives are upheld. WATCH OUR VIDEO

Key Findings of the Assessment

  • Violation of National Park criteria & Severe Ecological Risks: The assessment highlights the project’s potentially devastating impacts, including:
    • Loss of critical habitats for endangered species, such as fish, amphibians, and aquatic vegetation.
    • Irreversible damage to sediment transport, water quality, and biodiversity.

As a result of the above, the project is in violation of IUCN guidelines for Category II National Parks, to which the Albanian government has committed itself. It “is expected to have implications for the objectives of the VWRNP. As planned, the project water abstraction will not comply with IUCN guidelines for Category II National Parks, potentially affecting the park’s integrity and conservation objectives as well as ecosystem services.” (IUCN, 2025 Executive Summary)

  • Lepusha Springs Are Crucial: Contrary to the claims of the project proponents – including the Albanian Ministry of the Environment – the Lepusha Springs are of crucial importance for the Shushica. They form the primary source of the river and are integral to the river’s ecosystem. The IUCN report describes the springs as a “key inherent part of the Shushica River, given the functional meaning for the whole river ecosystem.” (IUCN, 2025, p. 22) The project as planned would extract the entire flow of the springs during dry months, leaving no water for the river’s biodiversity.
  • Viable Alternatives Exist: The assessment identifies several alternative water sources, such as the Borshi, Tatzati and Fera Springs, which are capable of meeting water demand without damaging the Vjosa Wild River National Park.
  • Climate Change Compounds the Risk: With climate change projected to reduce water availability in the Vjosa and Shushica River by 30% by 2050, the ecological impact of water abstraction would be even more severe in the future.

The Austrian company STRABAG has been laying these pipes to divert the spring water of the Shushica to the Mediterranean coast © Adrian Guri

 

NGOs and Local Communities Call for Immediate Action
The NGOs of the Blue Heart campaign and local residents of the Shushica Valley are united in their opposition to the planned project.

“This report reinforces the stance we’ve held since the start of this fight: the project would cause significant damage to vast areas of the Wild River National Park, and with alternative water sources available, it is completely unnecessary,” said Olsi Nika from EcoAlbania. “The Avoidance Scenario is the only path forward to protect one of Europe’s last wild river ecosystems and preserve the integrity of the VWRNP.”

“For generations, the Shushica River has been the lifeline of our valley—providing water for our fields, supporting our livelihoods, and offering a place of natural beauty,” said ,” said Astrit Balilaj, mayor of the village Kuç in the Shushica Valley .“We will not stand by and let this project destroy our river and our way of life. The government must listen to science and choose the Avoidance Scenario to protect our future.”

NGOs echo the call to abandon plans that threaten the national park, urging project developers, including the Albanian Development Fund, to embrace sustainable alternatives that respect the park’s integrity and long-term ecological health.

 

Over 30 villages face an uncertain future due to the water abstraction project, but resilient local communities continue to stand united in opposition. © Adrian Guri


Background information

  • Other Scenarios Evaluated: In addition to Avoidance, the report assessed two other scenarios of lower priority, following the standardized framework of an IUCN Mitigation Hierarchy Assessment:
    • Minimization/Mitigation Scenario: : This would necessitate significantly less water abstraction from the Lepusha Springs, a complete redesign of the water intake and the use of alternative sources in parallel. A year-long hydrological and biodiversity study is required to determine an environmental flow regime and so is “an Environmental Impact Assessment (EIA) according to the amended EIA Directive” (IUCN, 2025, p. 65) in order to minimize environmental impacts during construction phase. This means that construction could not proceed as currently planned.
    • Offsets Scenario: Under this scenario, the project would proceed as planned but compensation measures—such as expanding the VWRNP boundaries to include additional areas, such as the Vjosa Delta—would be required to offset the damage. However, the report stresses that offsetting cannot fully mitigate the ecological harm caused by the project.
  • Download the Full Report and the Executive Summary. The report was independently financed by IUCN, and through aligned grant funds from Patagonia, and the Gordon and Betty Moore foundation, and was prepared by leading international and Albanian experts.
  • The Shushica, a key tributary of the Vjosa and part of Europe’s first Wild River National Park, faces threats from a water abstraction project. The government plans to divert its spring water to the Mediterranean coast to support large-scale tourism. While a 17 km pipeline from Kuç to Himara is nearly complete, the critical diversion infrastructure remains unbuilt. Financed by KfW and the EU (Western Balkans Investment Framework) and constructed by Austrian STRABAG, the project is both destructive and unnecessary, as alternative water sources exist outside the park. Local communities are determined to stop the diversion dam.
  • The Vjosa is one of the last big wild river in Europe outside Russia. Along her course of almost 270 kilometers, the river flows entirely unobstructed from the Pindus Mountains to the Adriatic Sea. In March 2023, after ten years of our campaign, the Albanian government proclaimed Europe’s first Wild River National Park.
  • Photos attached: The attached photo material can be used once in connection with this press release and indicating photo credits. Photos in print quality on request.

Contact
Besjana Guri – EcoAlbania b.guri@ecoalbania.org   0035/692954214
Ulrich Eichelmann – Riverwatch ulrich.eichelmann@riverwatch.eu 0043/6766621512
Christian Stielow – EuroNatur christian.stielow@euronatur.org 0049/7732 9272 15

 

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Living Rivers Europe publie sa position pour une Europe plus résiliente au climat et à l’eau

L’Europe se trouve à un tournant décisif. En tant que continent se réchauffant le plus rapidement, nous sommes témoins des effets dévastateurs du changement climatique – des inondations meurtrières aux sécheresses graves et aux incendies de forêt – tous provoqués par des événements hydrologiques extrêmes. Dans le même temps, l’eau douce de l’Europe est largement polluée, moins de 30 % des eaux de surface répondant aux normes de pollution fixées par la directive-cadre sur l’eau. Le temps presse, mais un leadership décisif de l’UE peut ouvrir la voie à un avenir résilient.

Alors que l’UE prépare sa stratégie de résilience de l’eau, la coalition Living Rives Europe lance sa position commune sur la voie à suivre pour une Europe résiliente face à l’eau et au climat.

Lire la position