Soutenez la campagne « Save the Blue Heart of Europe » lancée par Patagonia

Les plus belles rivières des Balkans, de la Slovénie à la Grèce, sont menacées par plus de 3 000 nouveaux barrages actuellement en projet.

Pas d’argent = pas de barrages

Dites aux banques internationales d’arrêter d’investir dans la destruction des dernières rivières sauvages d’Europe. #savetheblueheart

Signer la pétition: http://pat.ag/yawx7

Pour en savoir plus et participer à la campagne de Patagonia : « Save the Blue Heart of Europe »

 

Living Rivers Europe – Communiqué de presse pour la journée mondiale de l’eau : stop aux barrages sur la rivière Mura

Plus de 77 000 citoyens demandent au gouvernement slovène d’annuler la construction de barrages sur la rivière Mura.

Brussels – 22 March 2018

Lire le Communiqué en anglais >>

Hydroélectricité : une proposition de loi grotesque en faveur des moulins…

Présenté à l’Assemblée, entre autres par Peter Vigier, Député de Haute Loire, et porté par Patrick Chaize, sénateur de l’Ain (et vice-président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire), un projet de loi à contrecourant, voire d’un autre temps, est à l’étude entre le Sénat et l’Assemblée. Il vise à développer la capacité hydroélectrique des moulins en éclipsant purement et simplement deux décennies de la politique de l’eau appuyée sur des données scientifiques et des résultats incontestables ! Lire le projet de loi.

Le projet de loi dresse un tableau idyllique mais gravement erroné du rôle des moulins pour la transition énergétique et pour le fonctionnement des rivières. Selon l’auteur, plusieurs études montreraient que les moulins réduisent les pollutions des cours d’eau, augmentent l’autoépuration de l’eau et la survie des organismes aquatiques, etc. ! Ce rapport, dont certaines parties relèvent quasiment de la désinformation dans les plus hautes sphères de la nation, est scandaleux, alors que parallèlement les services de l’Etat, les collectivités, les associations travaillent depuis plus d’une décennie, avec des résultats à la clé, à l’amélioration de la qualité des cours d’eau, de la vie aquatique et du patrimoine en effaçant les retenues sur cours d’eau et les obstacles au libre écoulement des eaux.

De plus, le potentiel hydroélectrique de notre pays est développé à plus de 90% (les 10% restants étant irréalistes) et c’est d’ailleurs pour cela que la puissance hydroélectrique installée stagne depuis plusieurs années en France et n’augmentera presque plus. Le Ministère l’a intégré dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie mais les hydrauliciens ne semblent pas de cet avis. Ainsi les lobbies de l’énergie hydraulique sont plus que jamais sur le terrain et dans la gouvernance pour faire passer sous l’étendard de la transition énergétique une loi qui affaiblirait encore une fois la santé de nos cours d’eau.

Le projet de loi est totalement hallucinant. Il propose notamment d’aménager la définition des réservoirs biologiques, des seuils et barrages en faveur du développement de l’hydroélectricité ! Ce texte envisage également que « les moulins ne puissent être taxés au titre des dommages à l’environnement », ces derniers restituant toute l’eau en sortie de système hydraulique et participants même à l’épuration de l’eau ! Ceci n’est vraiment pas sérieux !

L’impact cumulé des biefs et des barrages semble être totalement inconnu pour les auteurs. Le texte va même jusqu’à proposer que « les moulins soient exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties en raison du rôle qu’ils jouent au bénéfice de l’intérêt général ». Cela n’est-il pas grossier sachant que les producteurs bénéficient d’un tarif d’achat d’environ 4 fois le prix de marché sur le dos des abonnés au réseau public d’électricité (via la taxe CSPE) ? Les moulins ont certes une valeur patrimoniale historique mais leur usage et fonctionnement actuel est bien loin de ce qui les a vus naître il y a plus d’un siècle.

Alors non, restons sérieux, pas de loi pour généraliser les projets hydroélectriques sur les moulins, mais des examens au cas par cas !

> Pour aller plus loin :

Journée mondiale d’action pour les rivières, lisez notre communiqué de presse et signez la pétition pour sauver la rivière Mura en Slovénie

L’hydroélectricité à outrance, un désastre pour nos rivières !
>> Lire notre communiqué de presse <<

Le WWF a lancé une campagne et une pétition (qui court jusqu’au 22 mars) pour demander au gouvernement slovène d’abandonner son projet fou visant la construction de huit barrages hydroélectriques  sur la rivière Mura  – l’Amazone de l’Europe – et qui transformerait cette rivière libre et vivante en huit réservoirs sans vie.
Signez la pétition pour sauvez la rivière Mura
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Dix raisons pour lesquelles les initiatives climatiques ne devraient pas inclure de grands projets hydroélectriques

Un manifeste de la société civile en soutien à de réelles solutions climatiques

Les grands projets hydroélectriques sont souvent mis en avant comme une source d’énergie « propre et verte » par les institutions financières internationales, des gouvernements nationaux et d’autres acteurs. Ils bénéficient grandement des instruments pour lutter contre le changement climatique, y compris des crédits carbone en vertu du Mécanisme de Développement Propre, du Fonds d’Investissement pour le Climat de la Banque mondiale (MDP), et de conditions financières spéciales des organismes de crédit à l’exportation et des obligations vertes. L’industrie des barrages plaide pour que les grandes centrales hydroélectriques soient financées par le Fonds vert pour le climat et de nombreux gouvernements les utilisent comme des réponses nationales au changement climatique. Au moins douze Etats avec un secteur hydroélectrique important ont inclus l’expansion de la production d’énergie hydroélectrique dans leurs contributions nationales pour la COP21 (INDC, pour son sigle en anglais).

Le soutien aux initiatives pour le climat est l’une des raisons pour lesquelles plus de 3.700 barrages hydroélectriques sont actuellement en projet ou en construction. Cependant, les grands projets hydroélectriques sont une fausse solution au changement climatique. Ils ne devraient pas faire partie des initiatives climatiques nationales et internationales pour les raisons suivantes:

1. Dans les régions tropicales notamment, les réservoirs hydroélectriques émettent d’importantes quantités de gaz à effet de serre…

2. Les rivières absorbent environ 200 millions de tonnes de carbone présentes dans l’atmosphère chaque année…

3. Les barrages hydroélectriques rendent les systèmes hydriques et énergétiques plus vulnérables au changement climatique….

4. Contrairement à la plupart des projets d’énergie solaire, éolienne ou de micro-centrales hydroélectriques, les grands barrages causent de graves dommages souvent irréversibles aux écosystèmes…

5. Les grands projets hydroélectriques ont de graves répercussions sur les communautés locales et violent souvent les droits des peuples autochtones…

6. Les grands projets hydroélectriques ne sont pas toujours un outil efficace pour élargir l’accès à l’énergie aux personnes démunies….

7. Quand bien même il s’agirait d’une bonne solution pour lutter contre le changement climatique, les grands projets hydroélectriques s’avèrent de toutes façons être une solution coûteuse et chronophage….

8. Contrairement à l’énergie éolienne et solaire, l’hydroélectricité n’est plus une technologie innovante…

9. L’énergie solaire et l’énergie éolienne sont devenues facilement accessibles, elle sont compétitives d’un point de vue économique  …

10. Les projets hydroélectriques représentent actuellement 26% de tous les projets inscrits dans le cadre du Mécanisme de développement propre (MDP), et accaparent une quantité importante de l’appui à d’autres initiatives sur le climat….

Pour ces raisons, les 500 organisations et individus signataires appellent les gouvernements, les financiers et autres institutions à maintenir les grands projets hydroélectriques en dehors de leurs efforts pour lutter contre le changement climatique. Toutes les solutions énergétiques et climatiques doivent respecter les droits et les moyens de subsistance des communautés locales.

pour plus d’info aller sur le site de International Rivers