logo Living Rivers Europe

Directive-cadre européenne sur l’eau : un outil moderne et puissant pour garantir des eaux propres, saines et vivantes

La coalition Living Rivers Europe a publié cet été un nouveau rapport soulignant que 2027 ne marque pas la fin de la DCE. La directive restera pleinement en vigueur au-delà de cette date. Le rapport explique pourquoi et comment les États membres doivent continuer à respecter leurs obligations légales fondamentales.

La directive-cadre sur l’eau (DCE), adoptée en 2000, constitue le fondement juridique de la protection de l’eau douce. Elle exige de tous les États membres qu’ils atteignent un bon état des masses d’eau d’ici 2027 – un objectif loin d’être atteint. Aujourd’hui, seules 39,5 % des eaux de surface sont en bon état écologique. Cela pèse sur l’état des écosystèmes sur leur résilience face au changement climatique.

Dans le même temps, les impacts climatiques, la pollution et les risques économiques augmentent. Selon le Forum économique mondial, cinq des dix principaux risques commerciaux mondiaux sont désormais liés à l’eau.

Identifiée également comme clé de voute de la stratégie de résilience hydrique de l’UE, les prochaines années seront décisives. Face à la crise croissante de l’eau en Europe, qui se traduit par un accès réduit à l’eau potable, l’assèchement des rivières, les inondations, les sécheresses et la pollution, il faut appliquer intégralement des législations européennes existantes en matière d’eau.

La DCE fournit les outils juridiques nécessaires pour faire face à ces risques : contrôle de la pollution, permis de prélèvement, normes de débit écologique, recouvrement des coûts et restauration à l’échelle du bassin.

Télécharger le rapport


13 idées reçues à propos de la DCE 

La coalition Living Rivers Europe regroupe six grandes organisations environnementales et de pêcheurs : WWF’s European network, the European Anglers Alliance, European Environmental Bureau, European Rivers Network, Wetlands International Europe, et The Nature Conservancy, représentant plus de 40 millions de personnes.

8 octobre c’est le Dam Removal Day : inscrivez vos évènements


Le 8 octobre 2025 aura lieu la toute première Journée de l’effacement des obstacles en rivières.
Partout en Europe, des visites, des rencontres mettront en lumière un même message : des rivières libres redonnent vie.

Chacun peut participer : organiser un événement, partager une histoire locale, relayer sur les réseaux.

👉 Inscrivez votre action sur damremoval.eu/dam-removal-day

Open Rivers Programme : travaux à venir et nouvel appel à candidatures à partir du 6 octobre

Après la pause estivale, les travaux de restauration sur la Laussonne (43), l’Eyrieux (07) et la Malencourie (24) vont pouvoir débuter cet automne.

Ces travaux visent à assurer la continuité de la rivière et reconnecter plusieurs kilomètres vers l’amont, augmentant l’accès aux zones refuges et restaurant les habitats d’eaux vives nécessaires aux espèces sensibles qui habitent ces milieux, comme la truite, l’écrevisse à pates blanches, la moule perlière. Suivez l’avancement des travaux sur la page dédiée

Ces projets ont été présenté par European Rivers Network auprès de Open Rivers Programme pour obtenir un co-financement.

 

Lors du dernier cycle de candidatures, ERN a reçu le soutien pour le projet de la Malencourie (24) visant l’effacement d’un ancien plan d’eau et le projet du Clain (86) pour l’effacement de 7 petit ouvrages sur la Boivre amont, portant à 15 le nombre de projet accompagné par l’association (études et travaux). Lors du dernier cycle au moins 3 autres projets en France, porté par des fédérations de pêche ou des syndicats ont reçu le soutien de Open Rivers Programme : plus d’infos

Le prochain appel à projet du programme ouvrira du 6 Octobre 2025 au 31 Octobre 2025 (décision en Mars 2026). Contactez nous pour plus d’informations ou vous aider à candidater.

SAVE the DATE and REGISTRATION OPEN : Webinar on Open Rivers Programme : lessons learnt and best practices from dam removal projects in Southeastern Europe

webinaire en anglais

 

The next call for Open rivers Programme* applications is coming soon (from the 6th to the 31st of October 2025).

 

Need ideas and advice to prepare your projects and activities, or you just want to know more about Dam Removal in Southeastern Europe ?

Join our webinar on September 23, 2025 from 11:00 to 13:00 CEST. Organized by ERN and WWF NL, the webinar will highlight 3 successful projects completed and implemented in Eastern Europe.  We’ll have 3 presentations from different ORP grant categories. Speakers will present their project as well as lessons learnt and best practices, and it will be followed by a Q&A session :

Introduce, and moderate by Corinne Ronot ERN and Kerry Brink, WWF Nl

Registration is required: https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_GBqXlSOeQZKO_YuY47vYiA

 

 

* The European Open Rivers Programme is a Dutch grant giving foundation funded by Arcadia. The foundation aims to restore endangered European rivers by supporting interventions that lead to the removal of small dams and the restoration of river flow and biodiversity.

Hommage à Jean Wencker

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Jean Wencker, survenu en août 2025.

Jean Wencker a consacré une grande partie de sa vie à la défense de l’environnement et à la restauration des milieux aquatiques. Ancien président puis vice-président d’Alsace Nature, il a représenté l’association auprès de nombreuses instances : la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR), le comité de bassin Rhin-Meuse, l’association Saumon-Rhin, ainsi que la coalition d’ONG Salmoncomeback, engagée pour le retour du saumon à Bâle.

Au cours de ses différents mandats, il a défendu sans relâche la continuité écologique des cours d’eau, la protection du Doubs et du Rhin, et le retour des poissons migrateurs, en particulier le saumon. Il avait grandi au bord du Rhin et cela avait marqué son engagement. En 2015, lors d’un colloque à Huningue, il avait partagé avec émotion le souvenir de son père rapportant des saumons à la maison et évoqué la dévastation des forêts alluviales pour les chantiers de barrages de Strasbourg, Gerstheim, une catastrophe écologique majeure. Parmi ses succès, il faut citer la rénovation de la centrale hydraulique franco-suisse du Châtelot, sur le Doubs, inaugurée en 2006 après plus de trente ans de lutte.

ERN et la coalition Salmoncomeback rend hommage à son parcours, ses combats. Qu’ils continuent d’inspirer toutes celles et ceux qui œuvrent pour la sauvegarde du vivant. Nos pensées vont à sa famille, à ses proches.

 

Lire aussi l’hommage de Alsace Nature.

Jean Wencker lors du colloque international Salmon Summit à Huningue en 2015 – CR .ERN

La SNB 2030 reste un cadre ambitieux, mais son succès dépendra de la capacité à lever les freins identifiés par le CNB

La Stratégie nationale biodiversité 2030 vise à traduire en actions concrètes l’engagement de la France issu du cadre mondial pour la biodiversité adopté à Montréal en décembre 2022. Son ambition est claire : stopper puis inverser l’effondrement de la biodiversité d’ici 2030, en cohérence avec les objectifs européens et internationaux. La stratégie s’articule autour de quatre axes principaux et s’appuie sur une approche participative, impliquant acteurs publics, privés, associations et scientifiques.

Lors de sa séance du 24 juin 2025, le CNB a adopté un avis critique sur l’état d’avancement 2024 de la SNB 2030. Il inclut une analyse détaillée et des recommandations pour renforcer l’efficacité de la stratégie.
En résumé, la SNB 2030 reste un cadre ambitieux, mais son succès dépendra de la capacité à lever les freins identifiés par le CNB : moyens financiers, cohérence des politiques, et implication de tous les acteurs.

En effet, le CNB exprime des interrogations majeures sur la capacité de la France à respecter ses engagements, notamment en raison des arbitrages politiques et budgétaires en cours. Il souligne que les moyens alloués et la cohérence des politiques publiques restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés.
Il recommande notamment de programmer des financements pluriannuels dédiés et mettre fin aux subventions dommageables pour la biodiversité, renforcer la convergence entre les politiques climatiques et de biodiversité, afin de les porter au même niveau de priorité dans l’action publique.

Le CNB souligne un décalage entre les ambitions affichées et les moyens concrets mis en œuvre, notamment en matière de protection des écosystèmes et de lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
Il insiste sur la nécessité d’une meilleure territorialisation de la stratégie, en impliquant davantage les régions et les acteurs locaux, et d’une évaluation régulière des progrès réalisés.

La stratégie doit désormais être déclinée au niveau territorial (COP régionales) et faire l’objet d’un suivi annuel devant le CNB jusqu’en 2030. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer si les recommandations du comité sont prises en compte et si les moyens alloués permettent de répondre aux enjeux.

lire aussi le communiqué de presse des associations 

logo Living Rivers Europe

Stratégie européenne de résilience de l’eau, une ambition freinée par un manque d’engagements concrets

Le 4 juin 2025, la Commission européenne a présenté sa stratégie de résilience de l’UE dans le domaine de l’eau, un texte attendu alors que les pénuries, les inondations et les pollutions menacent de plus en plus les écosystèmes aquatiques.

Mais derrière les intentions affichées, le contenu déçoit.

Ce document, censé répondre à l’appel lancé par la coalition Living Rivers Europe dans ses recommandations reste en retrait sur plusieurs aspects. Il manque d’engagements concrets, de financements clairement identifiés et d’outils de gouvernance vraiment opérationnels. Après le vote du Parlement européen le 7 mai, plusieurs ONG avaient déjà exprimé leurs doutes sur la capacité de l’Europe à se donner les moyens de répondre à la crise de l’eau. La stratégie reflète l’opinion de la Commission selon laquelle « le cadre législatif est déjà en place » en s’appuyant sur la directive-cadre sur l’eau, la directive sur la gestion des inondations et le règlement sur la restauration de la nature, nouvellement adopté, pourtant les échecs « persistants de la mise en oeuvre freinent les progrès ».

Le texte met en avant les solutions fondées sur la nature, mais sans fixer d’objectifs juridiquement contraignants ni prévoir de budgets spécifiques pour les mettre en œuvre. Les incitations proposées restent trop vagues pour produire un réel changement. Dans deux réactions distinctes, la fédération EurEau et la coalition d’ONG Living Rivers ont regretté l’absence d’objectifs visant à réduire les prélèvements d’eau dans la stratégie. Un tel objectif figurait pourtant dans une version provisoire de la communication – que Contexte avait publiée – mais il a finalement été remplacé par un objectif consistant à améliorer « l’efficacité de l’usage de l’eau » dans la version finale présentée par la Commission le 4 juin. L’objectif d’efficacité est défini de façon floue : il « ne fournit aucune base de référence, aucune feuille de route sectorielle ni aucun mécanisme de mise en œuvre pour y parvenir ». La coalition d’ONG déplore aussi que l’objectif ne soit, de toute façon, pas contraignant.

Sur la pollution, les mesures sont encore trop faibles, en particulier sur la prévention à la source ou l’application du principe pollueur-payeur. Pourtant, les PFAS, les nitrates et les autres substances nocives continuent de polluer les eaux partout en Europe.

Le manque de feuille de route pour le secteur agricole, combiné à l’absence d’objectifs chiffrés par domaine, affaiblit la stratégie.

Comme le rappelle Living Rivers Europe, sans moyens concrets ni plan précis, cette ambition risque de rester sans suite. Pendant ce temps, la pression sur les rivières et les zones humides ne cesse de s’aggraver.

Les prochains mois diront si la Commission et les États membres sauront passer des promesses aux actes et prendre des décisions à la hauteur de l’enjeu.

Plus d’infos : lire le communiqué de presse de Living Rivers Europe

Consultation publique : Participez à l’élaboration du plan national « Agir pour restaurer la nature »

La France lance une consultation publique sur son futur plan national « Agir pour restaurer la nature ». Ce plan a pour but de restaurer les milieux naturels dégradés, conformément au nouveau règlement européen sur la restauration de la nature. L’objectif fixé par l’Union européenne est de restaurer au moins 20 % des zones terrestres et marines d’ici 2030, avec des étapes intermédiaires en 2040 et un objectif final en 2050.

Ce projet s’inscrit dans la Stratégie nationale biodiversité 2030 et cible en priorité les milieux les plus fragiles comme les zones humides, les forêts, les rivières, les littoraux et les fonds marins.

Cette consultation s’adresse à toutes et tous : citoyens, associations, collectivités, professionnels, habitantes et habitants concernés. Donner son avis, c’est contribuer à un plan plus juste, mieux adapté aux besoins des territoires et plus efficace pour restaurer la biodiversité. C’est aussi l’occasion de proposer des idées et de faire connaître les priorités locales.

La concertation est menée sous la responsabilité de la Commission nationale du débat public, garante de la transparence et de l’impartialité du processus. Elle se déroule du 23 mai au 23 août 2025. Toutes les informations utiles, le calendrier des évènements et les modalités de participation sont disponibles sur le site officiel : https://restaurer-la-nature.biodiversite.gouv.fr.

logo Living Rivers Europe

Recommandations de la coalition Living Rivers Europe pour renforcer la stratégie européenne de résilience dans le domaine de l’eau

Début juin sera voté par la stratégie européenne de résilience dans le domaine de l’eau.

Mais suite au récent rapport voté par le Parlement Européen le 7 mai dernier, et des rapports des médias sur le projet de la Commission, la coalition d’ONG Living Rivers Europe craint que la stratégie à venir ne dispose pas des outils nécessaires pour rendre l’Europe véritablement résiliente à l’eau. Pourtant cette stratégie est destinée à répondre à l’urgence croissante de la pénurie d’eau, des inondations, de la pollution et de la dégradation des écosystèmes sur l’ensemble du continent.

Le texte pourrait manquer d’engagements contraignants, de financements dédiés et d’outils de gouvernance nécessaires pour assurer une mise en œuvre significative et un changement systémique. Sans ces éléments, l’ambition restera sur le papier et ne permettra pas de faire face aux pressions croissantes qui s’exercent sur les rivières et les zones humides d’Europe. La coalition d’ONG Living Rivers Europe a envoyé le 20 mai, une lettre à la Commission européenne dans laquelle elle présente ses recommandations pour que la stratégie puisse aider l’Europe et les citoyens.

Déjà début mai la coalition Living Rivers Europe, indiquait que les recommandations du parlement européen allait dans la bonne voie mais manquait d’ambition, le texte mettant l’accent sur les « infrastructures grises » – c’est-à-dire les systèmes et structures créés par l’homme – au détriment des solutions basées sur la nature.

En effet, dans leur rapport, adopté le 7 mai par 470 voix pour, 81 contre et 92 abstentions, les députés appelaient à une stratégie ambitieuse permettant à l’UE de mieux gérer ses ressources en eau et de répondre plus efficacement aux enjeux actuels dans ce domaine. Le texte soulignant que l’eau est non seulement essentielle pour la santé et la vie, mais constitue également un élément central de l’économie européenne, de sa compétitivité et de ses efforts en matière d’adaptation au changement climatique. Les recommandations visant des objectifs d’efficacité hydrique, une réduction de la pollution et une meilleure préparation aux catastrophes mais sans véritables outils. Plus d’infos et ici

Publication du rapport 2024 de Dam Removal Europe sur l’effacement des barrages

A retenir :

542 obstacles supprimés en 2024 dans 23 pays – soit une augmentation de 11 % par rapport à l’an passé.
2900 km de rivières ont été reconnectés à travers le continent
4 pays ont supprimé leurs premières barrières

Ces chiffres soulignent le soutien croissant à l’effacement des barrages à travers l’Europe, ainsi que la compréhension croissante par les communautés et les gouvernements des avantages de la reconnexion et de la restauration de nos rivières pour l’homme et la nature. Ces actions contribuent à renforcer la résilience climatique et à inverser la perte de la nature.

lire le rapport 

lire le communiqué de presse (en anglais)

 

Figure 1. Nombre d’obstacles supprimés par pays en 2024. Notes : l’encadré montre les suppressions par pays au Royaume-Uni. Les pays qui ont officiellement levé leurs premières barrières en 2024 sont marqués d’un astérisque (*).