L’Europe dévoile sa stratégie Biodiversité pour 2030 : En 2030, les 27 devront avoir libéré 25.000 km de cours d’eau !

Mercredi 20 mai, Frans Timmermans, vice-président exécutif chargé du pacte vert et le commissaire à l’environnement, Virginijus Sinkevicius, ont dévoilé la Stratégie Biodiversité pour 2030. Liés au Pacte vert (ou Green Deal), cette stratégie vise à enrayer l’appauvrissement de la biodiversité terrestre, lacustre et marine.

Dans ce cadre des annonces fortes concernent les rivières et la restauration de la continuité écologique. En 2021, les Etats membres devront répertorier les obstacles à la libre circulation des rivières et à la restauration des plaines inondables. En 2030, les 27 devront avoir libéré 25.000 km de cours d’eau. Le travail des ONGs, et de la coalition Dam Removal Europe, pour aboutir à ces annonces a été efficace.

Avec la Directive Cadre Eau (qui, nous l’espérons, sera maintenue aussi ambitieuse par la Commission Européenne malgré les pressions – voir notre page Living Rivers Europe pour plus d’infos) et maintenant la Stratégie Biodiversité et le Green Deal, tout est là : les objectifs, les politiques publiques et les outils. Alors au boulot !

Lien vers la communication officielle de la commission européenne

23 grandes entreprises signent une déclaration commune de soutien à la DCE

23 entreprises prennent position en faveur de la législation européenne sur l’eau et appellent l’UE à la faire respecter ! Fantastique !
Nous espérons que la Commission Européenne gardera cela à l’esprit lorsqu’elle finalisera sa #BiodiversityStrategy.
Le site Euractiv publie l’annonce de la déclaration faite ce matin. La déclaration singées des entreprises est disponible sur le site de Coca-Cola.
« DON’T WATER DOWN THE RULES (Lire l’article complet sur euractiv.com)

« Why Europe’s rules on protecting our water are working – and why we should stick with them.

There has never been a greater need for us to protect and restore our freshwater resources in Europe. […] Coca-Cola, as the world’s largest beverage producer, recognizes the need to protect freshwater resources for people, nature and business. It’s why effective water management is one of our key business priorities. […]. That’s why Coca-Cola and two of its biggest bottling partners in Europe (Coca-Cola European Partners and Coca-Cola Hellenic), along with 20 other companies who have signed a joint business statement stand with the 375,000 European citizens who have urged the European Commission – and governments across the EU – to maintain the EU’s Water Framework Directive in its current form. We want to see this Directive kept intact and fully implemented and enforced, as called for by numerous environmental groups through the #ProtectWater campaign. This EU wide law is vital.  It sets a much-needed deadline for us to protect and restore Europe’s freshwater ecosystems by 2027. […] In fact, other countries outside of Europe, including India and China, have been so inspired by the governance model provided by this Directive, they have adopted similar principles when drafting their own legislation. To maintain its credibility globally, the EU cannot and must not change the current legal requirements of the Water Framework Directive.  The rules are working and we should stick with them.

Hommage à Edith Wenger, grande dame des fleuves vivants

Hommage à Edith Wenger, grande dame des fleuves vivants.
Date : 16 mars 2020

Il y a quelques semaines a disparu Edith Wenger, une des pionnières de l’écologie des fleuves
en Europe et dans notre pays. Edith Wenger a longtemps travaillé au WWF Allemagne, au sein de l’équipe scientifique de l’Institut des Plaines Alluviales, basé à Rastatt. Avec l’Institut, elle avait entre autres rédigé dans les années 80 divers livrets sur l’écologie et la gestion des fleuves, dont, pour le compte du Conseil de l’Europe un texte sur la Loire et l’Allier. L’ouvrage a permis à plus d’un citoyen de comprendre que notre rapport aux écosystèmes fluviaux devait évoluer, après des siècles d’endiguements, de rectifications, de constructions de grands ouvrages. Et donc de montrer que les projets d’aménagement de la Loire prévus à l’époque par un syndicat d’élus, l’Epala, Etablissement Public d’Aménagement de la Loire et de ses Affluents, devaient être abandonnés. Dans les années 80, dans un pays comme la France, plutôt raide sur les questions écologiques, un tel positionnement était iconoclaste. Et courageux.
Il est important de revenir sur cette histoire. Important de rendre hommage au travail de cette
grande dame de la protection et de la restauration des fleuves. Sans elle, sans les citoyens,
scientifiques, entrepreneurs, fonctionnaires, chercheurs et rares élus qui ont pris avec elle, grâce à elle le risque de critiquer une culture dominante de l’artificialisation de la nature, notre regard collectif sur la nécessité de restaurer et protéger les fleuves n’aurait peut-être pas changé. Et sans elle, le mouvement Loire Vivante n’aurait pas réussi à inverser le cours de l’histoire de l’aménagement de la Loire, histoire qui conduisait inexorablement au bétonnage du « dernier fleuve sauvage d’Europe ».

Edith Wenger a contribué à créer en ce temps-là, avec le soutien de divers scientifiques, pêcheurs, naturalistes regroupés dans diverses ONG, le WWF, FNE, Amis de la Terre, Robin des Bois une opposition crédible au programme de grands barrages qui menaçait la Loire.

Edith et l’Institut des Plaines Alluviales ont apporté, avec d’autres scientifiques, les premiers
éléments qui ont permis de comprendre que continuer à construire ces grands ouvrages était plus porteur de périls que de promesses. Barrer la Loire irait à contre-courant de décennies de recherches montrant que la simplification des fleuves, leur régularisation, leur artificialisation entrainait, outre l’illusion dangereuse de maîtriser la nature, une série de conséquences négatives, coûteuses pour nos sociétés.

Edith Wenger a contribué à faire comprendre qu’aménager les cours d’eau avec la seule règle de l’ingénieur et l’illusion de maîtrise pouvait aggraver le risque naturel d’inondations, altérer la qualité de l’eau en plus d’appauvrir fortement la biodiversité, avec par exemple le risque de disparition du saumon et des poissons migrateurs, incapables de franchir des murailles de béton.

Sur la Loire, Edith Wenger s’était particulièrement investie dans le secteur du Bec d’Allier, vers Nevers aidée localement par une autre grande dame, Mme Voiret afin de s’opposer à la création d’un grand barrage écréteur, celui du Veurdre. Elle avait organisé au Bec d’Allier, en 1988, la visite du Prince Philip, président du WWF International qui a lancé le cri de ralliement de Loire Vivante « Vive la Loire sauvage ». Edith a aussi travaillé avec l’AuenInstitut sur le Mississipi, le Pantanal, le Danube afin de porter inlassablement cette parole si neuve et dérangeante à l’époque de l’intérêt de changer de regards sur les fleuves, formidables hydro-systèmes pour qui sait voir.

Pour les fleuves, des personnes comme Edith Wenger ont permis de tracer le chemin pour la transition en cours . Il ne faut pas l’oublier. Et lui exprimer notre gratitude, nos remerciements.

Loire Vivante, SOS Loire Vivante, ERN

24 oct. 2020 : Nouvelle date pour la journée mondiale des poissons migrateurs

Compte tenu de la situation difficile à laquelle nous sommes tous confrontés en ce moment, l’équipe de la Journée mondiale de la migration des poissons a décidé de reporter la grande célébration officielle du 16 mai 2020 au 24 octobre 2020.

Néanmoins, la journée du 16 mai n’est pas tout à fait abandonné ! Vous pouvez toujours organiser un événement numérique.

Toutes les infos sur : https://www.worldfishmigrationday.com et suivez l’actu sur le compte facebook

14 Mars – Journées mondiale d’action pour les rivières

14 Mars – Journées mondiale d’action pour les rivières

La Journée internationale d’action pour les fleuves est une journée dédiée à la solidarité – lorsque diverses communautés du monde entier se réunissent d’une seule voix pour dire que nos fleuves sont importants. Que les communautés ayant accès à de l’eau propre et courante sont importantes. Que chacun ait son mot à dire dans les décisions qui affectent son eau et sa vie. Qu’il est temps pour nous de défendre ces droits, maintenant plus que jamais.

Le thème de la Journée d’action pour les rivières de cette année met l’accent sur les femmes, l’eau et les changements climatiques. L’année dernière, 100 femmes de 32 pays qui mènent des efforts pour protéger et défendre les rivières se sont réunies lors du premier Congrès des femmes et des rivières.

Malgré l’épidémie Corona, une partie des évènements ont été organisé sur la planète entier.

voir les actions dans le monde et des infos générales 

(en anglais uniquement)

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Conseil de l’environnement à Bruxelles : 9 Etats membres vers une non-révision de la DCE

Lors du conseil de l’environnement du 5 mars dernier, 4 Etats membres (Autriche, Danemark, France et Grèce) ont clairement demandé la non-révision de la Directive Cadre sur l’Eau et 5 Etats membres (Allemagne, Espagne, Finlande, Italie, Chypre) ont apporté leur soutien aux conclusions du « bilan de qualité » et exprimé la nécessité d’une meilleure mise en œuvre. C’est une bonne nouvelle pour les rivières, ces 9 Etats membres représentent 64.75% de la population de l’UE.

Merci à ces ministres pour leur engagement. Concernant la France, nous tenons tout particulièrement à féliciter la Ministre française de l’environnement Elisabeth Borne pour s’être positionnée pour le maintien de la Directive cadre sur l’Eau en l’état.

Plus d’infos : ci-dessous le discours de la Ministre française de l’environnement Elisabeth Borne le 5 mars à Bruxelles au Conseil de l’Environnement au sujet de l’évaluation de la législation sur l’eau, session publique. Discours retranscrit depuis le site du Conseil.

 

« Les évaluations de la législation européenne dans le domaine de l’eau montrent toute sa pertinence. La DCE a notamment permis d’améliorer la qualité des eaux européennes par la prise en compte des milieux aquatiques dans les politiques nationales. Il s’agit d’un cadre ambitieux et protecteur de l’environnement qu’il convient de maintenir en l’état. Une révision de cette directive n’est donc pas opportune. Je souhaite cependant que soit renforcée la mise en œuvre opérationnelle de la directive, ce qui passe notamment par une révision de la liste des substances chimiques à surveiller et la mise en place de mesures correctives sur les masses d’eau.

S’agissant de la directive relative aux eaux résiduaires urbaines. Je souhaite rappeler mon attachement au maintien d’une législation spécifique à l’assainissement urbain compte tenu des enjeux sanitaires et environnementaux auquel il permet de répondre. Je souhaite également que cette directive soit révisée pour traiter de la gestion des eaux pluviales en recourant prioritairement à des solutions fondées sur la nature. Ces solutions permettent en effet de réduire le rejet des eaux usées par temps de pluie tout en répondant à d’autres enjeux tel que l’imperméabilisation des sols, les îlots de chaleur ou les inondations.

L’eau est le réceptacle de l’ensemble des pollutions, c’est donc à la source de ces pollutions que nous devons agir en priorité en intégrant plus fortement la politique de l’eau dans l’ensemble des politiques sectorielles de l’Union Européenne. A cet égard, je souscris à la vision transversale proposée par la Commission dans son « pacte vert ». Concrètement, je souhaite que l’UE se dote d’un objectif de réduction de l’utilisation des pesticides de – 50 % d’ici 2025. Elle doit également interdire l’ajout intentionnel de micro plastique dans les produits. C’est bien notre action sur l’ensemble des facteurs de pression sur l’eau qui nous permettra d’obtenir de meilleurs résultats.

L’atteinte du bon état écologique des eaux et le traitement des eaux usées nécessite de la part de l’ensemble des États membres des investissements importants afin de mettre en place les infrastructures et les mesures dédiées. Il nous faut veiller dans ce contexte à ce que les coûts induits par la prise en compte de ces enjeux restent acceptables pour les citoyens. Dès lors une mobilisation aussi forte que possible des financements européens est nécessaire et contribuerait à donner à nos concitoyens une image positive de l’UE en termes de solidarité et de protection. A ce titre La France propose de consacrer 10 % du prochain cadre financier pluriannuel à la biodiversité et à la lutte contre les pollutions. »

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Les citoyens européens disent leur soutien à la Directive Cadre sur l’Eau

A l’occasion du Conseil de l’Environnement qui se tient le 5 mars prochain à Bruxelles, les citoyens européens interpellent leur Ministre de l’environnement.

Ils demandent de s’engager pour une application forte de la législation sur l’eau et le maintien de la Directive dans sa forme actuelle.

Message à la France

plus d’infos

Conseil des ministres (Environnement) le 5 mars prochain à Bruxelles : les ministres sont invités à soutenir la directive-cadre sur l’eau dans sa forme actuelle

Le 5 mars prochain se tiendra la réunion des ministres du Conseil (Environnement) à Bruxelles qui abordera l’évaluation de la législation sur l’eau. En amont de cette rencontre nous tenons à attirer l’attention sur l’importance de cette évaluation pour la santé de la ressource en eau douce en Europe. Nous encourageons les ministres à suivre les 375 000 citoyens, 6 000 scientifiques et plus de 130 organisations de la société civile et à prendre fermement position en faveur du maintien de la directive-cadre sur l’eau dans sa forme actuelle.

Actuellement, 60% de nos rivières et lacs en Europe ne sont pas en bon état. Et la prochaine décennie sera cruciale pour lutter contre le changement climatique et la protection de l’environnement comme l’indique différents rapports tels que l’IPBES, l’AEE 1.

 

La pertinence de la directive-cadre sur l’eau ne peut plus être remise en question – les conclusions du “ fitness check”2, soulignant que « la directive-cadre sur l’eau est “adaptée à ses finalités”, reconnaissant que les objectifs des directives sont “aussi pertinents aujourd’hui qu’ils étaient au moment de l’adoption de celles-ci, sinon plus”. Ces conclusions sont une occasion sans précédent pour redonner du souffle à la directive, accélérer les efforts en matière de protection de l’eau, mais aussi s’attaquer au changement climatique, à la rareté de l’eau et aux polluants nouveaux pour lesquels le rapport indique que la directive cadre sur l’eau est suffisamment flexible pour s’adapter à ces pressions émergentes.

Alors que nous nous dirigeons vers l’échéance de l’élaboration des SDAGE 2022-2027, les Agences de l’eau ont besoin d’une sécurité juridique pour être en mesure de planifier et de financer les mesures qui aideront véritablement à obtenir le bon état des eaux de surface et souterraines, un objectif que nous partageons tous.

La stratégie de l’UE pour la biodiversité pour 2030, le Plan d’action zéro pollution offrent de nombreuses possibilités pour faire face aux pressions hydromorphologiques, aux pollutions diffuses et ponctuelles sur les rivières et les lacs européens. Le “Green Deal européen” peut et doit être exploité pour atteindre l’objectif de bon état de l’eau en 2027, et non pas être affaiblit par un débat sans fin.

Ainsi nous exhortons les ministres à affirmer leur position et leur engagement pour ne pas modifier la Directive cadre sur l’Eau.

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1 La Plateforme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a indiqué que les écosystèmes aquatiques sont parmi les plus dégradés au monde. Le Rapport sur les risques mondiaux 2020 du Forum économique mondial a déterminé que la crise de l’eau était l’un des cinq principaux risques mondiaux cinq années consécutives (2015-2020). Et selon une publication récente de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), les principaux impacts du changement climatique sur l’Europe sont l’augmentation des sécheresses et des fortes pluies et des inondations.

2 Depuis octobre 2017, la Commission européenne procède à un “bilan de qualité/ fitness check”” des Directives Cadre de l’Eau et les Inondations. Trois ans plus tard, après une évaluation approfondie, les conclusions indiquent clairement que : directive-cadre sur l’eau de l’UE est “adaptée à ses finalités”. “Le fait que les objectifs de la DCE n’aient pas encore été pleinement atteints est dû en grande partie à “l’insuffisance des financements, à la lenteur de la mise en œuvre et à l’intégration insuffisante des objectifs environnementaux dans les politiques sectorielles, et non à des insuffisances dans la législation”. De plus une analyse récente sur la DCE menée par l’Institut Leibniz d’écologie de l’eau douce arrive aux mêmes conclusions que celle du “fitness check” : « Les raisons de la mauvaise performance ne sont pas lié à la directive-cadre sur l’eau elle-même. Au contraire c’est un document politique techniquement solide et opportun.

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« ImPACtons » : le 1er débat national sur l’agriculture est lancé ! Du 23 février au 31 mai 2020, donnez votre avis sur l’agriculture de demain