Colloque Nancy 12-13 mars 2020 « STRESS CLIMATIQUE : la nature au secours des milieux aquatiques »

Le ministère de la Transition écologique et solidaire (IFORE), en partenariat avec la Société française pour le droit de l’environnement, l’Institut de recherches sur l’évolution de la Nation et de l’Etat (IRENEE – Université de Lorraine), et avec l’appui technique d’European Rivers Network (ERN), vous invitent dans le Grand Est à un colloque sur la thématique suivante « STRESS CLIMATIQUE : La nature au secours des milieux aquatiques ».

Organisé à Nancy les 12 et 13 mars prochains, ce colloque pluridisciplinaire traitant de l’adaptation aux risques climatiques, ouvert à tous sur inscription, permettra notamment de comprendre comment les « Solutions fondées sur la Nature » peuvent en partie répondre aux défis climatiques et aux menaces nouvelles – ou accrues – qui pèsent sur les territoires, les fleuves et rivières, milieux humides ou zones urbaines exposées (risques inondation, stress hydrique, épisodes de canicules…).

Avec de nombreux témoignages (experts, gestionnaires, collectivités et ONG internationales), ce tour d’horizon s’attachera à montrer les approches françaises de ces sujets, (exemples de terrain, récentes évolutions du droit sur ces sujets, nouvelles pratiques) mais aussi de montrer ce qui se passe en Suisse, en Allemagne, en Hollande, dans les Balkans et au niveau européen.

Le 13 mars après-midi, la visite d’une opération de renaturation d’un cours d’eau de l’agglomération de Nancy sera également proposée au public.

>> Programme détaillé à télécharger ici

>> Informations et inscriptions : https://catalogue.ifore.developpement-durable.gouv.fr/content/stress-climatique-la-nature-au-secours-des-milieux-aquatiques

Par mail : Monique.GAUCH [at] developpement-durable.gouv.fr

Ou bien auprès d’ERN : alexis.pasquet [at] ern.org

13/02/2020: Journée technique sur les mesures naturelles de rétention des eaux

Le jeudi 13 février prochain,
l’Office Français de la Biodiversité et le Centre de Ressources Cours d’Eau, le ministère de la Transition Ecologique et l’Office International de l’Eau organisent
à Paris (La Défense)
une rencontre sur les Mesures Naturelles de Rétention des Eaux.

La rencontre permettra de mieux comprendre ces approches et dynamiques, leur intérêt, les modalités de mise en œuvre, les dispositifs existants, les opportunités que les MNRE représentent pour les gestionnaires des milieux aquatiques, mais aussi tous ceux intervenant sur l’occupation du sol et l’aménagement du territoire en général.

Public concerné : les professionnels, élus, acteurs associatifs intervenant dans les domaines de l’urbanisme, de l’agriculture, de la forêt, de la gestion des risques…

Inscriptions possibles jusqu’au 7 février.

>> Pour voir le programme et vous inscrire, cliquez ici

Barrage d’Ilisu (Turkey): l’eau commence à engloutir Hasankeyf, joyau historique

Traduction du communiqué de « Hasankeyf Coordination »

Apocalypse imminente : Le réservoir du barrage d’Ilisu se remplit, l’eau a atteint la ville de Hasankeyf…

Le remblayage du barrage controversé d’Ilisu se poursuit malgré les vives critiques et protestations des communautés affectées le long du Tigre et des organisations de la société civile de toute la Turquie. Il y a près de deux semaines, le réservoir du barrage surélevé a atteint la ville de Hasankeyf, vieille de 12 000 ans, qui est l’un des plus beaux sites du patrimoine culturel et naturel de notre planète. « L’apocalypse » prévue par le gouvernement turc devient lentement une réalité!

Situation dans la vallée du Tigre

Pris au dépourvu et mal informés, les habitants de la vallée du Tigre, peuplée principalement de Kurdes, sont injustement obligés de quitter leur patrie. De nombreuses personnes, en particulier dans la province de Siirt, ont dû évacuer leurs villages sans emporter certains de leurs biens car l’eau montait rapidement.

Ce qui a été critiqué par nous et d’autres au cours des deux dernières décennies se produit petit à petit et les personnes déplacées sont confrontées à la paupérisation dans les nouvelles colonies cibles. Alors qu’il est prévu d’inonder complètement 85 villages et 124 villages en partie, la State Water Management (DSİ) n’a construit que quatre nouvelles colonies, ce qui oblige des dizaines de milliers de personnes à émigrer à Siirt, Batman, Diyarbakır et dans d’autres grandes villes avec une maigre compensation. les taux. Parmi eux, plus de dix mille sans-terre n’ont reçu aucune compensation. Ces personnes ne sont soutenues ni par la DSİ, ni par les municipalités nommées par le syndic.

Situation à Hasankeyf

Ayant approché du centre du district de Hasankeyf fin décembre, le niveau d’eau du barrage d’Ilisu augmente depuis juillet. À ce jour, environ 35 villages ont déjà été inondés au cours des derniers mois.

Alors que des centaines de familles ont été évacuées d’Hasankeyf vers New Hasankeyf – le site de réinstallation à 2 km au nord – une par une depuis août 2019, au cours des 2 derniers mois, 40 familles vivaient toujours à dans le Vieil Hasankeyf car elles sont devenues sans-abri et ne savent pas où elles pourront amener leurs animaux. Elles n’avaient accès qu’à un salon de thé et à une épicerie. Ne recevant de l’eau qu’une heure par jour, les familles qui restent à Hasankeyf sont désormais confrontées à des déplacements forcés. Leur nombre diminue désormais avec l’entrée dans la ville.

Lorsque l’épicerie historique a été démolie avec des équipements de construction en novembre, Hasankeyf a reçu un autre coup. Avec la démolition de l’épicerie, des structures datant de 2 000 ans ont été découvertes. Les «fouilles de sauvetage» entreprises par le ministère de la Culture pour ces structures ont suscité des critiques.

Les équipements de construction continuent d’endommager le tissu historique sur d’autres sites et la barrière de 80 mètres de haut érigée autour du château de Hasankeyf et constituant un crime en termes de paysage ne cesse d’augmenter.

Les personnes qui ont déménagé à New Hasankeyf ne sont pas satisfaites de leur situation. Comme les touristes ne viennent ni sur l’ancien ni sur le nouvel Hasankeyf, des milliers de personnes ont un revenu nettement inférieur et sont confrontées au risque de devenir sans emploi. En plus des difficultés financières, un autre problème important à New Hasankeyf est que l’eau provenant du robinet n’est pas potable. C’est pourquoi de nombreuses personnes transportent quotidiennement de l’eau potable de Hasankeyf à New Hasankeyf. Alors que les habitants de Hasankeyf vivaient dans et avec de l’eau, ils ont maintenant des difficultés d’accès à l’eau potable. Si les gens ne se voient pas offrir des possibilités d’emploi et si le problème de l’eau potable persiste, les gens devront probablement émigrer de New Hasankeyf également. Si cela se produit, la grande majorité de la population de New Hasankeyf ne sera pas composée de personnes locales. Les habitants de Hasankeyf sont plus que jamais opposés au projet Ilısu.

On peut arrêter ce projet malgré tout

Les personnes directement touchées de Hasankeyf et des 199 villages soulèvent plus que jamais leur opposition au barrage d’Ilisu car elles subissent les impacts sociaux, culturels et écologiques désastreux attendus. Presque toute la société des provinces affectées du bassin du Tigre considère ce projet de destruction, d’exploitation et de domination comme une grande perte et oppression.

Nous pouvons arrêter cette apocalypse qui s’est déroulée dans la vallée du Tigre malgré toutes les destructions qui ont été provoquées. Nous ne sommes pas fatigués de répéter qu’il n’est jamais trop tard pour Hasankeyf et le Tigre. Peu importe à quel moment nous abandonnons le projet Ilısu, ce sera dans l’intérêt de nous et des générations futures!

En 2019 en Turquie, des groupes plus diversifiés que jamais se sont opposés au projet Ilısu et ont indiqué qu’il fallait sauver Hasankeyf. Cette réaction devrait être provoquée à nouveau par chaque personne et organisation et le gouvernement devrait être prié de cesser de remplir le barrage d’Ilısu. C’est urgent, nous n’avons pas de temps à perdre!

CE N’EST PAS TROP TARD POUR HASANKEYF ET LA RIVIÈRE TIGRIS!

Remarques:
1) Ceci est un lien montrant les premiers jours du réservoir de barrage atteignant à Hasankeyf: https://www.youtube.com/watch?v=QXAjqW-M7s4&feature=youtu.be
2) Sur le site Web, vous pouvez trouver plus de photos que vous pouvez utiliser en citant la Coordination Hasankeyf ou l’Initiative pour garder Hasankeyf vivant.
3) Vous pouvez trouver cette déclaration sur le site Web de l’Initiative to Keep Hasankeyf Alive: http://www.hasankeyfgirisimi.net/?p=1426

17.01.2020
Hasankeyf Coordination (« Initiative to Keep Hasankeyf » en fait partie)

Twitter (turc et anglais): @HasankeyfKoord et @hasankeyfdicle
Facebook (presque uniquement turc): @hasankeyfyasatmagirisimi
Courriel: hasankeyfgirisimi@gmail.com
Plus d’informations (turc et anglais): www.hasankeyfgirisimi.net

Une synthèse du colloque Sélune par l’AFB vient de paraitre

L’Agence Française pour la Biodiversité vient de publier son dernier numéro « Les Rencontres » :

– Effacement de barrages, Quand la Sélune reprend son cours, – 24 au 26 septembre 2019, Les Rencontres, OFB, n°70,  déc.2019, french
Dam removal: The Sélune River free to run – 24 to 26 september 2019, Les Rencontres, OFB, n°70,  déc.2019, english

 

Ce numéro de 6 pages est entièrement consacré au colloque de la Sélune qui s’est tenu du 24 au 26 septembre à Rennes et Avranches.

C’est une belle synthèse que nous offre l’AFB.

Un ouvrage plus détaillé de 60 pages sur les communications du colloque est également en cours de préparation.

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Le projet et son label « Wild Rivers » va s’implanter dans l’Arc alpin

Le projet Wild Rivers et son Label seront mis en œuvre dans les pays alpins puis dans les Balkans.

European Rivers Network a établi un partenariat avec le WWF pour la région alpine et avec EURONATUR pour la région des Balkans.

À partir d’avril 2020 *, vous pourrez demander le label et télécharger tous les documents pour une candidature dans les pays alpins, plus tard pour la région des Balkans.

Plus d’informations> https://www.ern.org/fr/wild-rivers/

  • reporté à 2021 suite Covid 19

Noël est en avance pour les rivières et la nature: la Commission Européenne conclut : la DCE est «adaptée à ses finalités»

Hier, le 11 décembre, la Commission européenne a publié les résultats du « bilan de qualité » et ils sont largement positifs ; concluant que la directive-cadre sur l’eau de l’UE est « adaptée à ses finalités », reconnaissant que les objectifs des directives sont « aussi pertinents aujourd’hui qu’ils étaient au moment de l’adoption de celles-ci, sinon plus » et que la DCE et ses directives filles ont conduit à « un niveau de protection des masses d’eau et de gestion des risques d’inondation plus élevé qu’il n’aurait été possible sans elles ».

Les résultats indiquent également que le retard dans l’atteinte des objectifs est dû à « l’insuffisance des financements, à la lenteur de la mise en œuvre et à l’intégration insuffisante des objectifs environnementaux dans les politiques sectorielles, et non à des insuffisances dans la législation ».

Les conclusions mentionnent également que: « La politique de l’Union dans le domaine de l’eau est d’une grande importance pour les citoyens européens. La consultation publique a recueilli un total de plus de 370 000 réponses, ce qui est exceptionnellement élevé ». Félicitations à tous les citoyens et ONG qui ont participé à la campagne #ProtectWater pour que cela se produise. Et bien sûr, la coalition Living Rivers Europe suivra de près les prochaines étapes.

Ces résultats sont une étapes très importante pour la restauration de nos masses d’eau douce européennes et doit permettre de redynamiser les États membres qui sont en train de finaliser leurs plans de gestion de bassin pour atteindre les objectifs de la DCE cycle 2022-2027. Il s’agit d’une occasion sans précédent pour eux de tripler et d’accélérer leurs efforts en matière de protection de l’eau, mais aussi de s’attaquer au changement climatique, à la rareté de l’eau et aux polluants nouveaux pour lesquels le rapport indique que la directive-cadre sur l’eau est suffisamment flexible pour s’adapter à ces pressions émergentes.

Plus à  ce sujet
> lire le communiqué de presse de la coalition LRE ci-dessous
> lire le communiqué de presse de la « Commission Européenne »
> Plus d’infos sur la coalition Living Rivers Europe et la campagne « protectwater »


Communiqué de presse de Living Rivers Europe (traduction issue du communiqué anglais)

La Commission Européenne a rendu les résultats du « bilan de qualité » de la législation européenne sur l’eau, concluant que la directive-cadre sur l’eau de l’UE est « adaptée à ses finalités », reconnaissant que les objectifs des directives sont « aussi pertinents aujourd’hui qu’ils étaient au moment de l’adoption de celles-ci, sinon plus » et que la DCE et ses directives filles ont conduit à « un niveau de protection des masses d’eau et de gestion des risques d’inondation plus élevé qu’il n’aurait été possible sans elles ».

Ces conclusions arrivent après deux années d’évaluation de la directive-cadre sur l’eau et, en écartant la possibilité d’une révision, remet l’UE sur la bonne voie pour redonner vie à ses rivières grâce à la mise en œuvre et à l’application complète de la loi.

Le message de la Commission Européenne est clair: la DCE est un pilier essentiel de la législation environnementale de l’UE et doit rester dans sa forme actuelle. Les résultats du « bilan de qualité » soulignent que le retard dans l’atteinte des objectifs de la DCE est «en grande partie dû à l’insuffisance des financements, à la lenteur de la mise en œuvre et à l’intégration insuffisante des objectifs environnementaux dans les politiques sectorielles, et non à des insuffisances dans la législation».

Ces conclusions arrivent dans le sillage du rapport 2020 sur l’état de l’environnement de l’Agence Européenne pour l’environnement, qui souligne que la DCE est essentielle pour arrêter et inverser la perte de biodiversité. Les conclusions sont fortement soutenues par le WWF, l’EEB, Wetlands International, l’European Rivers Network et l’European Anglers Alliance – qui forment ensemble la coalition Living Rivers Europe et ont dirigé la campagne #ProtectWater pour sauvegarder la DCE.

Andreas Baumüller, responsable des ressources naturelles au Bureau des politiques européennes du WWF et président de la coalition Living Rivers Europe, a déclaré

« En approuvant que la directive-cadre sur l’eau est adaptée, la Commission européenne se tient aux côtés des centaines de milliers de citoyens européens, de scientifiques et groupement de la société civile qui ont tous défendu la DCE au cours des deux dernières années.

Nous félicitons le président Von der Leyen d’avoir scellé l’accord avant la fin de l’année. Comme le montrent les résultats, c’est la lenteur de la mise en œuvre qui est à blâmer pour ne pas avoir encore atteint les objectifs de la DCE. Comme exprimé hier lors de la publication du « Green Deal européen », la Commission doit maintenant passer de la parole aux actes. Elle doit veiller à ce que les États membres soumettent des plans ambitieux et des actions concrètes pour atteindre les objectifs de la loi d’ici 2027, et que cela soit soutenu par un financement dédié. »

[…] voir en anglais

Les prochaines étapes

À l’avenir, il est désormais important de déployer tous les efforts pour atteindre les objectifs de la DCE d’ici 2027.

Le chemin est encore long. 60% des eaux de surface de l’UE ne sont pas en bon etat, et ne répondent pas aux normes de la DCE. Le rapport 2020 sur l’état de l’environnement de la semaine dernière a montré que, sur les quatre indicateurs relatifs à l’eau douce analysés par l’AEE, un seul a montré des progrès au cours des 10 à 15 dernières années. Pour tous les indicateurs, les perspectives à l’horizon 2030 donne «une image mitigée».

Cependant, les États membres finalisent actuellement leurs plans pour atteindre les objectifs de la DCE au cours du cycle 2022-2027 (connus sous le nom de plans de gestion de bassin hydrographique – SDAGE en France). Il s’agit d’une occasion sans précédent pour eux de tripler et d’accélérer leurs efforts en matière de protection de l’eau. La Commission Européenne doit embarquer tous les acteurs ensemble dans une vision ambitieuse pour des eaux saines et propres en Europe, une vision qui requiert une volonté politique, l’application de la législation et des investissements.

Contact:

Sophie Bauer
Communications Officer (Freshwater)
WWF European Policy Office
sbauer@wwf.eu 
+32 471 05 25 11

Claire Baffert
Senior Water Policy Officer
WWF European Policy Office
cbaffert@wwf.eu 
+32 49273 1092

 

 

Dans une déclaration commune, 300 ONG demandent à ce que l’hydroélectricité ne soit pas certifiée « climate friendly »

À l’occasion de la Conférence mondiale sur le changement climatique, 276 ONGs ont publié ce 10 décembre une déclaration commune appelant la Climate Bonds Initiative (CBI) à arrêter la certification « verte » des centrales hydroélectriques comme « respectueuses du climat ».

Ces ONGs expliquent que les critères pour l’hydroélectricité, tels qu’ils ont été élaborés par la CBI, sont loin d’être acceptables. Si un financement de la CBI pour l’hydroélectricité devait être mis en œuvre, cela menacerait les rivières et toutes les populations et écosystèmes qui en dépendent.
Avec les critères de certification proposés par la CBI pour l’hydroélectricité, on serait dans le « greenwashing » complet : les fabricants de barrages verraient s’ouvrir à eux d’importantes opportunités de financement assorties d’un label vert sans apporter de contribution significative à la protection du climat.

Précisons que l’Association Internationale de l’Hydroélectricité (IHA) a joué un rôle déterminant dans l’élaboration des critères de la CBI. Or l’’IHA représente les intérêts de l’industrie hydroélectrique et a déjà dans le passé créé divers outils pour mesurer les impacts sociaux et environnementaux négatifs des barrages, outils de greenwashing inadéquat, vivement critiqués par la société civile internationale.

>> Les impacts négatifs des centrales hydroélectriques sont de plus en plus connus : des millions de personnes ont déjà dû être déplacées à cause des barrages, d’importants fleuves et d’autres écosystèmes ont été détruits. Mais les centrales hydroélectriques contribuent au réchauffement climatique d’origine humaine. Les barrages sont – notamment au cours des 20 premières années de leur vie – des sources importantes de méthane, un gaz à effet de serre, 86 fois plus puissant que le CO2. Or les prochaines années sont cruciales pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 ° C. Promouvoir l’hydroélectricité saborderait cet objectif.
>> Par ailleurs, le fonctionnement des centrales hydroélectriques sera également affecté par le changement climatique : de longues sécheresses alterneront avec des événements pluvieux intenses et brefs. Les centrales construites aujourd’hui produiront donc moins d’électricité que prévu, avec un risque accru des ruptures de barrages. Les barrages sont donc également une mauvaise adaptation au changement climatique.

Pour toutes ces raisons, ces 276 organisations mondiales de la société civile demandent que la Climate Bonds Initiative abandonne la certification des centrales hydroélectriques. Une telle certification engendrerait l’attribution de subventions importantes à une technologie obsolète qui n’en a ni le besoin ni le mérite. Ces ressources financières pourraient sans aucun doute être mieux utilisées ailleurs, en faveur d’actions réellement efficaces dans l’adaptation au changement climatique.

>>  Voir leur déclaration commune (en anglais) et la liste des ONG signataires

logo Living Rivers Europe

+5 500 scientifiques demandent à la Commission Européenne de défendre le droit européen de l’eau

Le 6 décembre 2019, une lettre ouverte signée par de plus de 5 500 scientifiques a été envoyée au vice-président exécutif Timmermans et au commissaire Sinkevičius, les invitant à «sauver et mettre en œuvre la directive-cadre sur l’eau» afin d’arrêter et d’inverser le déclin catastrophique de la biodiversité des eaux douces. Félicitations à tous les signataires pour cet engagement!
Il est encore possible de signer la déclaration.

 

Réaction des associations et de la coalition Living Rivers Europe 
Lire la version originale en anglais

Des scientifiques et des universitaires préoccupés par l’état désastreux des rivières, des lacs et des zones humides d’Europe ont publié une déclaration appelant l’UE à mettre pleinement en œuvre et à appliquer sa propre loi sur l’eau – la directive-cadre sur l’eau de l’UE (DCE) – afin de mettre fin et d’inverser le déclin catastrophique de la biodiversité en eau douce.

Cette déclaration a été approuvée par 12 organismes scientifiques représentant plus de 5 000 scientifiques et près de 500 scientifiques spécialisés dans le large éventail d’espèces touchées par la DCE – des amphibiens aux insectes, des poissons d’eau douce aux oiseaux. Parmi les scientifiques figurent le Dr Jörg Freyhof, président régional du groupe de spécialistes des poissons d’eau douce de l’UICN / WI, et le professeur Carlos Garcia de Leaniz, directeur du Centre pour la recherche aquatique durable de l’Université de Swansea.

La déclaration a été rendue publique plus tôt dans la journée, accompagnée d’un édito pour Euractiv du Professeur Steven Weiss, expert en biodiversité de l’eau douce à l’Université de Graz et signataires de la déclaration.

La déclaration décrit la DCE comme un outil essentiel pour garantir à l’Europe « des masses d’eaux douces saines et résilientes afin de soutenir les hommes et la nature, aujourd’hui et à l’avenir », soulignant qu’ »il ne peut y avoir de Green Deal efficace sans des écosystèmes en bon état en son cœur ». La déclaration est publiée alors que la Commission européenne en est aux dernières étapes d’une évaluation standard de la DCE – connue sous le nom de «fitness-check ou bilan de qualité» – destinée à déterminer si la loi est toujours pertinente et adaptée à son objectif. Les conclusions finales de cette évaluation sont attendues la semaine prochaine.

Andreas Baumüller, responsable des ressources naturelles au bureau des politiques européennes du WWF, a déclaré:

«Les États membres de l’UE et les groupes de pression des entreprises utilisent le bilan de qualité de la directive-cadre sur l’eau pour faire pression en faveur de normes environnementales plus faibles. […] Nous espérons que cet appel massif de milliers de scientifiques servira de dernier avertissement à la Commission: cette loi est le bon outil pour protéger les rivières européennes. Toute dilution de celle-ci mettrait en péril le Green Deal européen.  »

 

Contact:

Alexandra Chevalier
WWF European Policy Office
achevalier@wwf.eu
0032 48449 4354

 

Claire Baffert
Agent principal de la politique de l’eau
WWF European Policy Office
0032 49273 1092

Parution de la Plaquette « Espaces naturels, espaces protecteurs »

Le Ministère de la Transition Ecologique et solidaire (MTES) vient de publier en 2019 un document pédagogique présentant l’importance du rôle des espaces naturels dans la gestion des risques naturels. Les espaces naturels y sont présentés comme espaces protecteurs pour les populations humaines, en assurant entre autres un rôle de régulateur de crue.

ERN France se réjouit notamment de voir que, parmi les exemples présentés, se trouve celui de Brives-Charensac en Haute-Loire, exemple qu’elle avait suggéré au MTES et qui témoigne de l’efficacité au fil des années de la renaturation du lit et des berges de Loire, opération retenue par la Ville comme alternative à des travaux lourds de protection comme une digue ou un barrage.

>> Découvrir la plaquette « Espaces naturels, espaces protecteurs » (MTES, février 2019)

 

Renouvellement des concessions sur le Doubs franco-suisse : les ONG seront associées…Mais comment ?

On vous l’avait précisé lors d’une news de juin 2019 : Plusieurs ONG françaises et suisses avaient fait la demande, auprès de leurs gouvernements respectifs, d’être associées à la réflexion sur le renouvellement des concessions de 3 ouvrages hydroélectriques présents sur le Doubs franco-suisse (Le Châtelot, Le Refrain et La Goule) qui arrivent bientôt à échéance (respectivement 2024, 2028, 2032).

En ce mois de novembre, elles viennent d’obtenir deux réponses similaires des leurs gouvernements respectifs, qui chacun proposent de les rencontrer courant 2020. Espérons qu’il s’agira bien d’une réelle concertation, et non pas seulement d’une restitution aux associations de décisions déjà arrêtées. Nous restons vigilants !

Les gouvernements précisent également qu’ils travaillent actuellement sur un projet de convention internationale applicable sur l’ensemble de la section du Doubs franco-suisse. Les gouvernements estiment que l’adoption de cette convention est un cadre préalable et nécessaire pour la définition des modalités de renouvellement des concessions hydroélectriques. C’est l’avancement de ce projet de convention qui déterminera le calendrier de la rencontre avec les associations.