{"id":26370,"date":"2026-07-21T09:06:58","date_gmt":"2026-07-21T07:06:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ern.org\/?p=26370"},"modified":"2026-07-21T16:20:47","modified_gmt":"2026-07-21T14:20:47","slug":"une-gouvernance-de-leau-par-letat-et-lagriculture-ca-ne-marchera-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ern.org\/fr\/une-gouvernance-de-leau-par-letat-et-lagriculture-ca-ne-marchera-pas\/","title":{"rendered":"Une gouvernance de l&rsquo;eau par l&rsquo;Etat et l&rsquo;Agriculture ca ne marchera pas"},"content":{"rendered":"<section class=\"av_textblock_section av-kw4aesxd-bd2df96d7977fcc253735ba65080ac08 \">\n<div class=\"avia_textblock\">\n<p>Lors du webinaire sur la gouvernance et le partage de l\u2019eau, Thierry Burlot, Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 de Bassin Loire Bretagne et Pr\u00e9sident du Cercle Fran\u00e7ais de l\u2019Eau, a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0cash\u00a0\u00bb sur les mesures \u00e0 prendre pour apaiser le d\u00e9bat, am\u00e9liorer la gouvernance et le financement du petit et grand cycle de l\u2019eau.<\/p>\n<p>Voir le\u00a0\u00a0<a class=\"mfp-iframe lightbox-added\" href=\"https:\/\/vimeo.com\/1211297029?share=copy&amp;fl=sv&amp;fe=ci\"><b>&gt;&gt; REPLAY\u00a0<\/b><\/a> du 16 juillet<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/1211297029?share=copy&amp;fl=sv&amp;fe=ci\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/ern-sosloirevivante.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/banner_webinaire_partage-eaubd.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"313\" \/><\/a><\/p>\n<p>Moment cl\u00e9s du webinaire, \u00e9l\u00e9ments de synth\u00e8se (premi\u00e8re partie de 5min \u00e0 33min et Q&amp;R de 45min \u00e0 58min ):<\/p>\n<p><strong>Regard dans le r\u00e9tro<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Un constat d\u2019\u00e9chec sur l\u2019appropriation des enjeux par le grand public : l\u2019ambition qu\u2019on se donne pour nos fleuves dans le Sch\u00e9ma Directeur d\u2019Am\u00e9nagement et de Gestion des eaux (SDAGE) n\u2019est plus compr\u00e9hensible par le grand public et les \u00e9lus\u00a0: \u00ab\u00a0le monde de l\u2019eau s\u2019est enferm\u00e9 dans de la technique\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li>Les acquis de la loi sur l\u2019Eau de 1964 (reconnaissances de limites hydrographiques, d\u00e9mocratie participative, principe de \u00ab\u00a0l\u2019eau paie l\u2019eau\u00a0\u00bb) n\u2019ont pas tenu :\n<ul>\n<li>La l\u00e9gitimit\u00e9 politique du fleuve n\u2019existe pas. Le p\u00e9rim\u00e8tre hydrographique est utilis\u00e9 pour s\u00e9parer les communes, les intercommunalit\u00e9s, les d\u00e9partements, les r\u00e9gions.<\/li>\n<li>La d\u00e9mocratie de l\u2019eau n\u2019existe pas. Le parlement de l\u2019eau n\u2019existe pas. Le parlement, c\u2019est le S\u00e9nat et l\u2019Assembl\u00e9e Nationale. La gouvernance de l\u2019eau, c\u2019est \u00e0 dire les comit\u00e9s de bassin est faible. On a su les mettre en place mais on ne l\u2019\u00e9coute pas ou peu et elle est m\u00e9pris\u00e9e parfois, surtout lorsqu\u2019elle commence \u00e0 dire des choses fortes sur le fleuve.<\/li>\n<li>Le financement du petit cycle de l\u2019eau (principe du pollueur\/payeur) a bien fonctionn\u00e9 tant qu\u2019on vivait dans l\u2019abondance et qu\u2019on s\u2019occupait essentiellement des r\u00e9seaux d\u2019eau potable et d\u2019assainissement. A pr\u00e9sent que l\u2019Etat demande de financer l\u2019OFB, l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de l\u2019eau, la protection des captages, la restauration, les mesures agro-environnementales et climatique, c\u2019est \u00e0 dire le grand cycle de l\u2019eau cela devient plus compliqu\u00e9. D\u2019apr\u00e8s une \u00e9tude du Cercle Fran\u00e7ais de l\u2019Eau, si on veut \u00eatre \u00e0 la hauteur du grand cycle et du financement du grand cycle, il nous manque \u00e0 peu pr\u00e8s 15 milliards d\u2019euros par an. Est-ce au petit cycle de l\u2019eau de financer le grand cycle de l\u2019eau ? M\u00eame si c\u2019est la m\u00eame eau, m\u00eame si on parle d\u2019une ressource essentielle, la gouvernance et le financement du grand et petit cycle ne sont pas du tout les m\u00eames.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Quels leviers pour am\u00e9liorer la gouvernance de l&rsquo;eau : <\/strong>Renforcer la repr\u00e9sentation des bassins hydrographiques dans une gouvernance partag\u00e9e, cr\u00e9er de la solidarit\u00e9 des instances et du financement.<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Aujourd\u2019hui nous devons prendre conscience que sans eau, on ne fait rien et qu\u2019il est n\u00e9cessaire de d\u00e9cider collectivement, dans l\u2019\u00e9coute, la bienveillance, la co-construction. Mais surtout pas, comme cela se fait aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale ou au S\u00e9nat, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment, en disant : \u00ab Urgence absolue ! Je me prends, je me sers, je discute apr\u00e8s \u00bb.Il faudrait surement r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une nouvelle loi de l\u2019eau \u00e0 la hauteur des enjeux qui sont pos\u00e9s. On a tout \u00e0 inventer sur le grand cycle de l\u2019eau. En g\u00e9rant correctement ce bien commun, on fera du d\u00e9veloppement, mais \u00e0 hauteur de nos capacit\u00e9s territoriales. L\u2019environnement, n\u2019est pas une contrainte, c\u2019est une ambition. Il faut aider ceux qui prot\u00e8gent le bien commun. Quand il n\u2019y aura plus d\u2019eau, l\u00e0, \u00e7a sera vraiment la r\u00e9cession. Avec les s\u00e9cheresses, on se rend compte de notre fragilit\u00e9. L\u2019\u00e9conomie, l\u2019urbanisation, le d\u00e9veloppement des villes, des campagnes, l\u2019agriculture, etc\u2026 ont besoin d\u2019eau. Il va falloir cr\u00e9er des solidarit\u00e9s entre les territoires avec des instances pos\u00e9es sur des bassins hydrographiques et d\u00e9passer les \u00e9go\u00efsmes, comprendre que la qualit\u00e9 de l\u2019eau d\u00e9pendra des efforts qui sont faits par chacun. Le probl\u00e8me des inondations et des s\u00e9cheresses, se r\u00e8gle par la pr\u00e9servation, le ralentissement de l\u2019eau, le stockage dans les sols, \u2026 par des mesures qu\u2019on va devoir mettre en place sur le terrain mais sur des territoires qui n\u2019en b\u00e9n\u00e9ficieront pas forc\u00e9ment imm\u00e9diatement. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut qu\u2019on soit solidaires. La pression aujourd\u2019hui sur les exploitations peut induire une col\u00e8re, qu\u2019on peut comprendre, mais c\u2019est le moment de lever la t\u00eate et de r\u00e9fl\u00e9chir ensemble et c\u2019est une erreur de penser que l\u2019Etat pourrait, seul avec les agriculteurs, r\u00e9gler ce probl\u00e8me.\u00a0\u00a0Il y a u ne n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 travailler sur la coh\u00e9rence des politiques publiques : l&rsquo;eau doit \u00eatre au coeur de la PAC (Politique Agricole Commune) et nous devons d\u00e9finir le mod\u00e8le souhait\u00e9 (agro\u00e9cologie vs mod\u00e8le actuel).<\/em><\/strong><\/li>\n<li>Le dialogue dans les territoires doit \u00eatre renforc\u00e9: les SDAGE ne parlent pas aux SRADET (Sch\u00e9ma R\u00e9gional d\u2019Am\u00e9nagement, de D\u00e9veloppement Durable et d\u2019\u00c9galit\u00e9 des Territoires) et inversement. Pourtant c\u2019est bien l\u2019\u00e9conomie et l\u2019am\u00e9nagement du territoire qui fera la qualit\u00e9 d\u2019eau des rivi\u00e8res. Ces deux volets sont une comp\u00e9tence des R\u00e9gions. Le lien R\u00e9gion et Bassin et EPCI qui ont la comp\u00e9tence GEMAPI doit \u00eatre plus fort \u00e0 l&rsquo;avenir si on veut une gouvernance coh\u00e9rente. Il faut exiger des \u00e9lus responsables dans les grands bassins et \u00e9viter la bureaucratie, donner une reconnaissance accrue aux des pr\u00e9sidents de Commission Locale de l&rsquo;Eau des SAGE car ils sont aujourd&rsquo;hui peu respect\u00e9s.<\/li>\n<li>Il faudra diversifier et renforcer le financement du grand cycle de l&rsquo;eau et donner les moyens en ayant une responsabilit\u00e9 \u00e9largie : aujourd&rsquo;hui le r\u00f4le des agences dans le financement reste limit\u00e9, c&rsquo;est un accompagnement avec un budget de 2,5 Md\u20ac\/an (soit 10% des 23 Md\u20ac de la politique de l\u2019eau en France). Il y a une n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;avoir des territoires engag\u00e9s pour mettre en place des mesures avec tous les acteurs. Les collectivit\u00e9s subissent la pollution (pesticides, m\u00e9tabolites) ET paient le traitement (double peine) ce n&rsquo;est pas possible. Il faut revenir au principe pollueur -payeur, car ce n\u2019est pas aux collectivit\u00e9s de financer la d\u00e9pollution. On peut aussi mieux utiliser les fonds europ\u00e9ens (actuellement : &lt;1% du financement de l\u2019eau en France), redistribuer la fiscalit\u00e9 (pas l\u2019augmenter) par exemple en pr\u00e9levant 50% de la plus-value d\u2019un terrain constructible pour financer la pr\u00e9servation des zones humides.\u00a0\u00a0Changer de paradigme sur le prix de l&rsquo; eau qui est trop bas (compar\u00e9 \u00e0 une facture de t\u00e9l\u00e9phone). Rompre l&rsquo;id\u00e9e que \u00ab\u00a0L\u2019eau est naturelle\/gratuite\u00a0\u00bb en r\u00e9alit\u00e9 elle co\u00fbte cher et est fragile.<\/li>\n<\/ul>\n<p>On a utilis\u00e9 les fleuves pour s\u00e9parer les hommes, pour s\u00e9parer les communes, pour s\u00e9parer les d\u00e9partements, pour s\u00e9parer les r\u00e9gions. Et aujourd&rsquo;hui, il faut que le fleuve nous rapproche.<\/p>\n<p>La suite \u00ab\u00a0Transfert d&rsquo;eau interbassin : le d\u00e9bat doit appartenir au territoire\u00a0\u00bb dans une prochaine news ou d\u00e9j\u00e0 en \u00e9coute sur le <a class=\"mfp-iframe lightbox-added\" href=\"https:\/\/vimeo.com\/1211297029?share=copy&amp;fl=sv&amp;fe=ci\"><b>&gt;&gt; REPLAY\u00a0<\/b><\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors du webinaire sur la gouvernance et le partage de l\u2019eau, Thierry Burlot, Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 de Bassin Loire Bretagne et Pr\u00e9sident du Cercle Fran\u00e7ais de l\u2019Eau, a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0cash\u00a0\u00bb sur les mesures \u00e0 prendre pour apaiser le d\u00e9bat, am\u00e9liorer la gouvernance et le financement du petit et grand cycle de l\u2019eau. 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